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17/07/2015 14:01 EDT | Actualisé 17/07/2016 01:12 EDT

Panam: René Cournoyer s'est mis trop de pression, mais a tiré des leçons

TORONTO — Le gymnaste repentignois René Cournoyer n'a peut-être pas mis la main sur une médaille aux Jeux panaméricains de Toronto, mais l'expérience qu'il y a emmagasinée est d'une valeur inestimable à ses yeux.

Cournoyer, qui n'est âgé que de 17 ans, a participé au concours général — qui regroupe les six agrès, soit le sol, les anneaux, la poutre, le cheval sautoir, les barres parallèles et la barre fixe — ainsi qu'au concours par appareil, au cheval d'arçons, sa discipline de prédilection. Il a respectivement terminé 11e et septième dans ces épreuves.

Le Québécois, qui disputait sa première compétition d'envergure internationale dans les rangs seniors, a confié à l'issue de celle-ci qu'il s'était peut-être mis un peu trop de pression sur les épaules, d'autant plus qu'il évoluait à la maison, devant ses parents.

«C'était la finale (au concours général), donc j'y suis allé le tout pour le tout, en espérant obtenir une médaille, a-t-il confié. J'imagine que j'ai voulu en faire un petit peu plus, ce qui a peut-être occasionné des erreurs — j'ai chuté entre autres au cheval d'arçons et à la barre fixe.

«Ensuite, au concours par appareil, j'étais conscient que c'était une épreuve qui demande beaucoup de précision, et le fait d'avoir passé au travers en dépit de la pression et du stress, c'est très satisfaisant, a-t-il admis. À mon avis, j'ai fait une belle performance, et j'ai donné un bon 'show' à la foule canadienne.»

Cournoyer a cependant reconnu que la marche était haute entre les rangs junior et senior. Il a ainsi précisé qu'il devra redoubler d'ardeur sur chacun des appareils pour rejoindre les meilleurs athlètes de la planète en gymnastique artistique.

«Ce n'est même pas envisageable de dire que je suis au niveau des meilleurs sur chacun des appareils. Je ne peux même pas dire que je suis supérieur aux autres sur un seul de ces appareils, a-t-il dit, très lucide. Je dois améliorer mon niveau de difficulté et mon exécution, parce que la perfection n'existe pas.

«Ceci étant dit, d'un point de vue technique, j'avais l'impression d'avoir ma place ici, et je ne suis pas passé à Toronto simplement en touriste. (Les Jeux panaméricains), c'était une bonne préparation pour les Championnats du monde et les Jeux olympiques, qui arrivent à grands pas.»

Le plus jeune gymnaste de l'équipe canadienne s'était distingué en se classant au premier rang à plusieurs reprises au cours des dernières années. Parmi ses réalisations dont il est le plus fier, il a évoqué sa participation aux Championnats canadiens de gymnastique en 2014 à Ottawa, une compétition où il a obtenu la troisième place dans la catégorie senior alors qu’il était encore d’âge junior. Ses attentes étaient toutefois beaucoup plus modestes dans la Ville reine.

«Mon objectif ici, au départ, c'était de contribuer du mieux possible aux succès de l'équipe. Ce que j'ai fait, à mon avis, avec brio, a commenté celui qui pratique la gymnastique depuis qu'il a sept ans. J'avais comme objectif d'accéder aux finales, afin de pouvoir comparer ma progression à celle des meilleurs gymnastes des Amériques. Mes objectifs sont atteints, car j'ai réussi à participer à la finale au cheval d'arçons — ce qui était plus qu'espéré.»

Le jeune homme ne se fait toutefois pas d'illusion et sait que la route sera longue avant qu'il puisse représenter le Canada aux Jeux olympiques. D'ailleurs, il préfère penser à court terme aux prochaines compétitions qui l'attendent plutôt que de se fixer un objectif trop ambitieux.

«Je participerai aux Championnats du monde de gymnastique, en octobre, mais avant de penser à ça je dois encore participer à diverses compétitions pour espérer me qualifier sur différents appareils, a-t-il mentionné. Ce ne sera pas facile, j'en suis conscient, parce que ça va me demander beaucoup de travail et d'améliorations au niveau de mes routines, mais je crois que c'est atteignable.»

Alexandre Geoffrion-McInnis, La Presse Canadienne