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17/07/2015 09:56 EDT | Actualisé 17/07/2016 01:12 EDT

Les provinces adoptent une stratégie nationale de l'énergie

Les premiers ministres des provinces et des territoires sont ressortis satisfaits et confiants d'un sommet de deux jours du Conseil de la fédération qui se tenait à Terre-Neuve. La source de leur contentement se trouve dans un document de 36 pages intitulé « Stratégie canadienne de l'énergie ».

Le Canada figure parmi les cinq plus importants producteurs d'énergie au monde. Mais, au sein même du pays, la réalité énergétique varie considérablement que l'on vive en Alberta, au Québec ou à Terre-Neuve. Dans ce contexte, les premiers ministres ne sont pas peu fiers d'être parvenus à s'entendre. « C'est un document monumental », a salué le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant.

Les discussions s'annonçaient pourtant orageuses. Avant même que ne débute la rencontre du Conseil de la fédération, le premier ministre de la Saskatchewan avait jeté un pavé dans la mare en déclarant que certaines provinces du centre du pays avaient tort de poser des obstacles à la création ou à la conversion de pipelines. 

M. Wall avait été particulièrement critique envers le Québec et l'Ontario. Il avançait alors que les considérations environnementales, quoique importantes, ne devaient pas tenir lieu de veto pour ces provinces récalcitrantes aux pipelines.

De toute évidence, Brad Wall s'est maintenant rallié à ses collègues : « Nous sommes tous des alliés », a-t-il rétorqué à un journaliste qui le questionnait sur sa sortie de cette semaine. Le premier ministre Wall affirme que la version récente de l'entente admet la valeur des ressources renouvelables et non renouvelables.

Néanmoins le premier ministre saskatchewanais conserve une « frustration » : celle de constater que les Canadiens n'apprécient pas à sa juste valeur le potentiel énergétique de leur pays, comme s'ils étaient même réticents à prononcer les mots « pétrole » et « gaz », dénonce M. Wall.

« C'est une bonne industrie à avoir. Et nous devons être conscients des implications environnementales de cette industrie surtout quand on voit ce qui se passe dans le nord de l'Alberta aujourd'hui », a-t-il déclaré en conférence de presse en faisant allusion au déversement de cinq millions de litres de produits pétroliers survenu plus tôt cette semaine près de Fort McMurray, dans le nord albertain.

« Le pétrole doit bouger » - Philippe Couillard

Avec 173 milliards de barils, le Canada détient la troisième plus importante réserve de pétrole brut au monde, après le Venezuela et l'Arabie saoudite. De l'avis de Brad Wall, il est absurde que le Canada importe du pétrole lorsqu'on pense qu'il est assis sur une telle richesse.

Mais encore faut-il l'exploiter et le déplacer à travers le pays. Comme l'a exprimé le premier ministre du Québec, « fondamentalement, le pétrole doit bouger ».

Et d'ajouter Philippe Couillard, « S'il ne bouge pas par pipeline, il le fera par voie ferrée. Est-ce vraiment mieux? Ou plus sécuritaire? Je peux vous dire qu'au Québec, nous avons une perspective différente là-dessus ».

La nouvelle première ministre de l'Alberta, Rachel Notley, a renchéri en affirmant que le transport par pipeline demeurait le plus sécuritaire. Toutefois, « nous devons apprendre de ce déversement et tenter de comprendre ce qui n'a pas fonctionné », a-t-elle ajouté en parlant, elle aussi, du déversement survenu cette semaine dans sa province.

D'autres sujets ont été au programme des discussions du Conseil de la fédération. Les participants se sont par exemple entendu pour faciliter la mobilité de la main d'oeuvre d'une province à l'autre.

L'an prochain c'est la ville de Whitehorse, au Yukon, qui accueillera la rencontre estivale 2016 des premiers ministres des provinces et territoires.