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17/07/2015 05:02 EDT | Actualisé 17/07/2016 01:12 EDT

Le Zimbabwe s'irrite du soutien de la France à un opposant porté disparu

Le Zimbabwe a protesté officiellement auprès de l'ambassadeur de France à Harare après que celui-ci a pris la défense d'un opposant porté disparu depuis quatre mois, rapporte vendredi le quotidien gouvernemental The Herald.

Le secrétaire aux Affaires étrangères par intérim Jonathan Wutawunashe "a protesté auprès de l'ambassadeur de France pour cette attitude déloyale" qu'il aurait eue durant sa réception pour le 14 juillet, indique le journal, sans nommer ses sources mais précisant que l'ambassadeur Laurent Delahousse avait été convoqué jeudi.

Selon le journal, M. Wutawunashe a déploré que les diplomates européens postés en Afrique se permettent de s'ingérer dans les affaires intérieures africaines.

Une manifestation a eu lieu samedi dernier à Harare pour soutenir Itai Dzamara, un ancien journaliste et militant du principal parti d'opposition, le MDC.

Il avait été enlevé le 8 mars en sortant d'un salon de coiffure, quelques jours après avoir tenu un discours à un meeting de l'opposition, et est porté disparu depuis.

Interrogé par l'AFP, l'ambassadeur de France s'est refusé à tout commentaire.

Selon le Herald, M. Delahousse a porté un toast à M. Dzamara mardi dans son discours durant une réception pour la fête nationale française, déclarant qu'il était "un symbole" et qu'il "ne le laisserait pas tomber". L'épouse de M. Dzamara, sa fille et un frère cadet figuraient parmi les invités.

L'an dernier, M. Dzamara avait organisé des rassemblements de protestation sur la principale place d'Harare en demandant la démission du président Robert Mugabe, au pouvoir sans discontinuer depuis 1980, qu'il a accusé de détruire le Zimbabwe.

A cette occasion, il avait été passé à tabac par des sympathisants du régime.

Robert Mugabe, 91 ans, dirige le Zimbabwe depuis l'accession à l'indépendance et la fin du régime raciste blanc en 1980.

La France affiche ces derniers temps une volonté de normaliser ses relations avec le Zimbabwe et de relancer les relations commerciales, alors que le pays, endetté, notamment vis-à-vis de Paris, ne parvient pas à s'extraire de la crise économique.

Le sort de M. Dzamara a suscité des protestations de plusieurs pays occidentaux, notamment les Etats-Unis mais aussi l'Union européenne, qui a pourtant levé pratiquement toutes les sanctions imposées en 2002 à la suite d'atteintes aux droits de l'Homme. Dans un communiqué, l'UE a demandé aux autorités zimbabwéennes de "faire le nécessaire pour identifier l'endroit où se trouve M. Dzamara, protéger son intégrité et ses droits".

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