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17/07/2015 03:14 EDT | Actualisé 17/07/2016 01:12 EDT

Le président nigérian à la Maison Blanche pour évoquer la "guerre contre le terrorisme"

Le nouveau président nigérian Muhammadu Buhari est attendu lundi à Washington, où il doit s'entretenir avec son homologue Barack Obama de la "guerre contre le terrorisme" et oeuvrer au "renforcement" des relations bilatérales mises à mal sous son prédécesseur.

M. Buhari, qui a érigé en priorité la lutte contre les insurgés islamistes de Boko Haram - désormais affiliés au groupe jihadiste État islamique (EI) - fait face à une vague de violences depuis sa prise de fonction le 29 mai: plus de 660 personnes ont péri au Nigeria en un mois et demi.

Dans la période de flottement qui a suivi son investiture le 29 mai et dans l'attente du déploiement, prévu fin juillet, d'une force de 8.700 hommes mise sur pied par le Nigeria et ses voisins - Niger, Tchad, Cameroun et Bénin - les attaques se sont enchaînées à un rythme quotidien dans son pays. Le groupe islamiste a aussi commis ces derniers jours des attentats-suicides au Cameroun et au Tchad et mené une attaque au Niger, trois pays engagés militairement contre lui.

"La priorité, lors des discussions entre le président Buhari et le président Obama ainsi que d'autres responsables du gouvernement américain, ce sont les mesures à prendre pour renforcer et intensifier la coopération bilatérale et internationale en matière de lutte contre le terrorisme au Nigeria et en Afrique de l'Ouest", a annoncé la présidence nigériane.

En visite à Abuja la semaine dernière, le secrétaire d'Etat adjoint américain Antony Blinken a plaidé pour "une approche globale" contre Boko Haram, "qui implique toute la région et qui prévoit non seulement une riposte militaire importante mais aussi une sécurité durable dans les zones libérées, une bonne gouvernance, du développement et des perspectives d'avenir pour la population civile, et un respect scrupuleux des droits de l'Homme".

"Quand le Nigeria développera cette approche, les Etats-Unis accroîtront leur aide", a-t-il poursuivi dans une note publiée sur le site du département d'Etat.

Les Etats-Unis partagent déjà des renseignements sur Boko Haram avec le Nigeria et ont dépêché l'an dernier des conseillers militaires et civils pour tenter de retrouver les quelque 200 lycéennes de Chibok (nord-est), dont l'enlèvement par les insurgés avait suscité une émotion planétaire.

Mais les relations entre Washington et Abuja se sont tendues fin 2014, après que le Nigeria eut jugé insuffisante l'aide américaine contre Boko Haram, suscitant une vive réaction du département d'Etat. Le Nigeria, présidé à l'époque par Goodluck Jonathan, avait aussi mis fin subitement à une formation militaire dispensée sur son sol par les Etats-Unis.

- 'Renforcer' les relations -

Washington a depuis salué l'élection de M. Buhari et la première alternance démocratique depuis la fin des régimes militaires en 1999 dans le pays qui est aujourd'hui le plus peuplé d'Afrique et la première économie du continent.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry, qui s'était rendu au Nigeria pour rencontrer les principaux candidats à la présidentielle en janvier, a ensuite assisté à l'investiture du nouveau président en mai.

La visite de quatre jours de M. Buhari la semaine prochaine, sa première dans la capitale américaine, souligne "notre engagement à renforcer et élargir notre partenariat avec le nouveau gouvernement du Nigeria, et notre soutien au peuple nigérian après des élections démocratiques historiques et un transfert pacifique du pouvoir", a souligné la Maison Blanche.

Premier producteur africain de pétrole, le Nigeria, frappé de plein fouet par la chute des cours mondiaux, espère aussi profiter de cette visite pour "dynamiser les échanges commerciaux" entre les deux pays.

Les exportations du Nigeria vers les Etats-Unis - en grande partie du pétrole brut - se sont effondrées, passant de 24 milliards de dollars en 2005 à moins de quatre milliards de dollars l'année dernière.

Parmi les autres sujets qui seront abordés à Washington figure la lutte contre la corruption, un autre cheval de bataille de M. Buhari, alors que la grande majorité de ses 173 millions de concitoyens vivent avec moins de deux dollars par jour.

Le nouveau président nigérian avait évoqué en juin son intention d'aller jusqu'à l'étranger chercher les fonds publics "dilapidés", avec "la coopération des Etats-Unis et d'autres pays".

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