POLITIQUE
17/07/2015 03:01 EDT | Actualisé 17/07/2015 03:02 EDT

Barricade à La Romaine: le chef Wapistan veut toujours rencontrer Philippe Couillard

KENZO TRIBOUILLARD via Getty Images
Quebec Prime minister Philippe Couillard gives a press conference following his meeting with French Prime Minister at the Hotel Matignon in Paris, on March 6, 2015. AFP PHOTO KENZO TRIBOUILLARD (Photo credit should read KENZO TRIBOUILLARD/AFP/Getty Images)

Le chef des Innus de la communauté de Nutashkuan, Rodrigue Wapistan, n'en démord pas: la barricade qui bloque depuis mercredi l'accès au chantier du mégaprojet hydroélectrique de La Romaine, sur la Côte-Nord, ne sera pas retirée tant que le premier ministre Philippe Couillard n'acceptera pas de le rencontrer.

"C'est la seule façon de dénouer l'impasse", a-t-il affirmé catégoriquement vendredi en entrevue avec La Presse Canadienne.

"Je ne demande pas le ciel. Je veux simplement avoir une discussion en tête-à-tête avec lui", a-t-il ajouté.

Tant M. Couillard que son ministre responsable des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, ont opposé jeudi une fin de non-recevoir à cette demande, indiquant qu'une société ne pouvait accepter que des citoyens bloquent des routes pour rencontrer le premier ministre.

Malgré tout, le chef Wapistan a dit vouloir rencontrer le premier ministre parce qu'il est incapable d'obtenir des résultats ailleurs, même si des discussions se poursuivent en coulisses avec Québec.

Ces discussions ont d'ailleurs mené, jeudi, à une offre de remettre aux Innus le bois du troisième bassin du chantier avant qu'il ne soit inondé, un contrat évalué à 8 millions $.

Le chef Wapistan estime toutefois que cette offre n'est qu'une diversion alors que le véritable problème se situe ailleurs.

"Ce ne sont pas des millions qu'on recherche; c'est le respect de nos droits et de notre site", a-t-il dit.

Les Innus invoquent le non-respect de l'entente Nanemessu-Nutashkuan conclue en 2008. Ils reprochent ainsi à Hydro-Québec d'avoir inondé les bassins 1 et 2 sans les avoir avertis et, surtout, en y laissant la moitié du bois, contrairement à ce que prévoyait l'évaluation environnementale.

Outre la perte de la récolte, les Innus signalent que cette façon de procéder entraîne de fortes augmentations des taux de mercure dans l'eau, portant atteinte à la faune et, conséquemment, à leurs activités de chasse et de pêche.

Rodrigue Wapistan a indiqué que d'autres chefs innus étaient attendus avec leurs délégations vendredi et samedi à la barricade, qui est située près de Havre-Saint-Pierre mais qui ne perturbe pas la circulation sur la route 138.

Il précise qu'il n'a pas l'intention pour autant de couper les canaux de communication toujours ouverts avec le gouvernement.

"J'offre aussi la voie des discussions, mais s'il y a une injonction, ce sera directement une confrontation pour nous. Je parle avec des gens du (gouvernement du) Québec et des politiciens aussi", a-t-il dit.

Pendant ce temps, la Sûreté du Québec exerce une surveillance discrète à distance.

Mais Rodrigue Wapistan persiste et signe. "On va rester ici jusqu'à la fin, a-t-il affirmé en conclusion. On essaie de garder le moral. Tout va bien jusqu'à date."