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17/07/2015 08:35 EDT | Actualisé 17/07/2016 01:12 EDT

La tragédie du vol MH17 commémorée en Ukraine et ailleurs dans le monde

HRABOVE, Ukraine — Dans une procession solennelle, les résidants du village ukrainien où un avion de Malaysia Airlines a été abattu il y a exactement un an ont rendu hommage aux 298 victimes de la tragédie, vendredi.

Le premier anniversaire de l'écrasement a été souligné alors qu'on ne sait toujours pas qui est responsable du drame. Le vol 17 de Malaysia Airlines avait quitté Amsterdam à destination de Kuala Lumpur, le 17 juillet 2014, lorsqu'il a été abattu en survolant l'est de l'Ukraine contrôlé par les rebelles prorusses.

Les autorités ukrainiennes et occidentales pensent que l'avion a été touché, probablement par erreur, par un missile tiré par les séparatistes ou les troupes russes qui, estiment-elles, appuient les rebelles en leur fournissant des armes et des combattants.

Un rapport préliminaire rendu public par les Pays-Bas l'an dernier affirme que l'avion n'éprouvait pas de problèmes techniques dans les secondes ayant précédé sa désintégration dans le ciel, après avoir été atteint par un objet qui pourrait être un missile.

Plusieurs semaines avant la tragédie, les rebelles séparatistes s'étaient vantés d'avoir acquis un système de missiles et avaient abattu plusieurs avions militaires ukrainiens dans l'est du pays, tuant 49 personnes lors d'un seul incident.

Les rebelles et les autorités russes affirment pour leur part que les séparatistes n'ont pas de système de missile et que l'avion commercial a été touché par un avion militaire ukrainien ou un missile tiré par les forces ukrainiennes.

Dans le village de Hrabove, 200 résidants portant des fleurs se sont rassemblés à l'église pour une cérémonie commémorative et une procession dans les champs environnants, un événement organisé par les dirigeants locaux et les rebelles prorusses qui contrôlent la région.

La procession était principalement formée de femmes et d'enfants qui portaient des icônes religieuses et entonnaient des chants liturgiques orthodoxes. Le périmètre de la procession était gardé par des hommes vêtus d'uniformes militaires soviétiques.

Les participants ont rejoint une centaine de personnes qui brandissaient des drapeaux des pays d'origine des victimes, de même que des rebelles séparatistes qui se tenaient près d'une petite pierre décorée d'une plaque où l'on pouvait lire: «À la mémoire des 298 morts, victimes innocentes de la guerre civile».

Certains participants arboraient des affiches accusant le gouvernement ukrainien d'avoir lancé une guerre contre eux et liant les victimes du vol MH17 aux personnes tuées par les bombardements indiscriminés dans la région depuis un an et demi.

«Vous avez été tués, mais nos gens continuent de se faire tuer», disait une pancarte.

Les Nations unies estiment qu'au moins 6400 personnes ont perdu la vie dans les violences depuis le début du conflit dans l'est de l'Ukraine, en avril 2014.

Alexander Hug, directeur adjoint de la mission d'observation de l'OSCE en Ukraine, a été l'un des premiers observateurs internationaux à arriver sur le lieu de l'écrasement il y a un an. Prenant la parole vendredi devant des journalistes à Kiev, il s'est dit choqué de constater «à quel point les choses ont peu changé. Les gens ordinaires du Donbass (l'est de l'Ukraine), comme les 298 personnes à bord du vol MH17, continuent de mourir et de souffrir.»

Aux Pays-Bas, des centaines de proches des victimes du vol MH17 étaient conviés vendredi après-midi dans un centre de conférence situé près de la ville d'Utrecht, dans le cadre d'un événement commémoratif organisé par les familles.

Les drapeaux des édifices publics de tout le pays ont été mis en berne pour la journée. Les Pays-Bas ont été le pays le plus touché par la catastrophe — 196 des victimes étaient de nationalité néerlandaise.

Une cérémonie a également eu lieu à Canberra, en Australie, un pays dont étaient originaires 40 victimes de la tragédie.

Plusieurs pays, dont la Malaisie, les Pays-Bas et l'Ukraine, ont demandé au Conseil de sécurité de l'ONU de mettre sur pied un tribunal pénal international pour juger les responsables de l'écrasement.

La Russie, qui détient un droit de veto au Conseil de sécurité, s'oppose à un tel tribunal. Le président russe Vladimir Poutine a déclaré jeudi que la mise sur pied d'un tribunal n'aurait pas de sens puisque l'enquête est toujours en cours.

Mstyslav Chernov, The Associated Press