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17/07/2015 12:13 EDT | Actualisé 17/07/2016 01:12 EDT

L'UE accorde un prêt d'urgence de 7 milliards d'euros à la Grèce

L'UE a accordé vendredi un prêt d'urgence de sept milliards d'euros à la Grèce pour lui permettre de rembourser une échéance de 4,2 milliards d'euros lundi à la Banque centrale européenne, a annoncé le commissaire européen chargé de l'euro, Valdis Dombrovskis.

Ce prêt, d'une durée de trois mois, doit aider la Grèce à faire face à ses besoins de financement durant les négociations qui doivent s'ouvrir entre Athènes et les institutions créancières (Commission européenne, BCE et Fonds monétaire international) sur un troisième plan d'aide internationale, et devraient durer plusieurs semaines.

Après le vote par le Parlement grec, mercredi, d'un premier volet des réformes réclamées par les créanciers, et le feu vert donné vendredi par le Bundestag allemand, le président de la zone euro, Jeroen Dijsselbloem, s'est félicité que les conditions requises pour l'ouverture de négociations soient remplies.

"Cela ne va pas être facile", a-t-il toutefois prévenu. "Nous sommes certains de rencontrer des problèmes dans les années à venir. Mais je crois que nous serons capables de les résoudre", a-t-il ajouté dans un communiqué.

Dans l'immédiat, l'aide d'urgence de l'UE va donner un ballon d'oxygène à la Grèce, exsangue, mais ne permet pas au pays de faire face à une autre importante échéance vis-à-vis de la BCE, le 20 août.

"Nous avons assez de temps pour parvenir à un accord avant la deuxième quizaine d'août. J'espère qu'il en sera ainsi, l'argent (du plan) sera alors disponible et il ne sera plus question d'une aide à court terme", a affirmé M. Dombrovskis devant la presse.

"Nous devons à présent nous concentrer sur les efforts pour parvenir rapidement à un accord sur le programme", a-t-il poursuivi.

- Lancement des négociations -

Pour assurer ce "pont" financier, les 28 pays sont tombés d'accord pour réactiver un fonds communautaire créé en 2010, le FESM, relevant de la responsabilité de l'ensemble des Etats membres de l'UE, et pas seulement des 19 pays de la zone euro.

Ils ont dû pour cela surmonter les réticences de plusieurs pays non-membres de la monnaie unique, à commencer par la Grande-Bretagne, qui réclamaient des garanties au cas où la Grèce ferait défaut.

"Nous avons un accord sur un financement transitoire (...) Cet accord est soutenu par les 28 Etats membres", a assuré M. Dombrovskis.

Ce prêt "d'un montant de 7,16 milliards d'euros, parviendra à la Grèce d'ici à lundi", lui permettant ainsi de rembourser la somme due à la BCE, a ajouté le vice-président de la Commission européenne.

Cette tranche permettra aussi au pays de combler ses arriérés de paiement vis-à-vis du FMI, qui totalisent deux milliards d'euros.

Pour rassurer les pays réticents à débloquer cette aide d'urgence, un double mécanisme de sécurité a été mis en place.

Le prêt sera garanti par les intérêts réalisés par le programme de rachat de titres grecs par la BCE baptisé SMP (Security Market Program). De plus, si la Grèce n'honore pas ses remboursements, il existe la possibilité de récupérer l'argent sur la part grecque du budget de l'Union.

Vendredi également, les ministres des Finances de la zone euro ont donné le feu vert au lancement des négociations sur le troisième plan d'aide à la Grèce, d'un montant de 82 à 86 milliards d'euros sur trois ans via le fonds de secours de la zone euro, le Mécanisme européen de stabilité (MES).

Un accord pour négocier sur ce plan avait été conclu le 13 juillet à Bruxelles entre la Grèce et ses partenaires de la zone euro.

En échange, le gouvernement de gauche radicale d'Alexis Tsipras s'est engagé à mettre en place un plan de réformes draconien. Un premier volet de réformes a été voté le 15 juillet par le Parlement grec et un deuxième devra l'être le 22 juillet.

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