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17/07/2015 03:42 EDT | Actualisé 17/07/2016 01:12 EDT

Grèce: un allègement de la dette indispensable à la viabilité du plan d'aide (Lagarde)

La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a estimé vendredi qu'un allègement de la dette était indispensable à la viabilité du plan d'aide européen à la Grèce et que cela conditionnait la participation du FMI.

"La réponse est assez catégorique: +non+", a répondu Mme Lagarde interrogée sur la viabilité du plan ébauché lundi à Bruxelles sans un allègement de la dette.

"C'est la raison pour laquelle les partenaires européens ont admis l'allègement de la dette" dans l'accord intervenu lundi, a-t-elle ajouté sur la radio française Europe 1, précisant que ce "principe est acquis" mais "ni le montant ni les modalités".

Elle a d'ailleurs conditionné la participation du FMI à l'éventuel troisième plan de secours en gestation à un tel allègement. "Pour qu'on participe il faut qu'il y ait un programme complet et de notre point de vue ce programme repose sur deux jambes".

"La première, c'est la jambe grecque qui consiste à réformer en profondeur l'économie, pour la libérer, lui donner une capacité de croissance, tenir une ligne budgétaire saine", selon elle.

"La deuxième jambe, c'est la jambe des prêteurs, et c'est celle qui consiste d'une part à fournir du financement et d'autre part à restructurer la dette pour en alléger le fardeau", a-t-elle insisté soulignant que "pour le FMI cela constitue un tout pour que le succès soit au rendez vous".

Sur les modalités de cet éventuel allègement, excluant des transferts budgétaires et des réductions de dette, elle a privilégié "l'autre procédé" qui "consiste à allonger considérablement les échéances, allonger également la période de grâce - période durant laquelle aucun remboursement n'est effectué - et réduire les intérêts au maximum" pour "rendre la dette soutenable".

Le Parlement grec a adopté jeudi une série de dures réformes demandées par les créanciers de la Grèce en préalable à un nouveau plan d'aide.

Ce vote était une condition sine qua non posée lundi par la zone euro à la Grèce à la poursuite d'un processus qui pourrait aboutir à la signature, dans quelques semaines, d'un nouveau plan d'aide financière à Athènes, évalué entre 82 et 86 milliards d'euros sur trois ans.

L'accord trouvé est "le début d'une aventure", a poursuivi Mme Lagarde ajoutant que "c'est un processus qui s'ouvre, sur un calendrier très serré, avec un défi colossal et qui va démarrer - une fois que l'ensemble des Parlements consultés en seront convenus - un processus de négociations qui va durer je pense au minimum 4 semaines", a-t-elle estimé.

"Il va falloir descendre dans les chiffres (...) ça ne va pas être un chemin de roses", a-t-elle ajouté.

Elle a jugé par ailleurs que la réouverture lundi des banques fermées en Grèce depuis le 29 juin était "assez probable" ajoutant que leur fermeture avait été "absolument nécessaire" pour éviter que les déposants vident leurs comptes, une opération qui aurait été selon elle "désastreuse" pour les épargnants et déposants, et l'ensemble du système bancaire.

"La mesure qui sera peut être prise lundi est aussi de nature à rassurer, ça veut dire que la confiance est en train de commencer à se construire (...) c'est un signal fort", a-t-elle ajouté.

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