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17/07/2015 05:14 EDT | Actualisé 17/07/2016 01:12 EDT

France: les 3 jeunes arrêtés pour un projet d'attentat contre des militaires remis à la justice

Trois jeunes hommes, dont un ancien militaire, soupçonnés d'avoir projeté l'attaque d'une installation militaire du sud de la France et la décapitation d'un officier au nom du jihad, ont été remis à la justice vendredi au terme de quatre jours de garde à vue.

Les suspects, âgés de 17, 19 et 23 ans, devaient être présentés dans la journée à un juge d'instruction en vue d'une éventuelle inculpation dans le cadre d'une enquête ouverte le 23 juin à Paris pour "association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme".

Leur arrestation s'était faite en toute discrétion lundi à l'aube mais le président français François Hollande a pris de court les responsables de l'antiterrorisme en révélant mercredi que "des actes terroristes" venaient d'être déjoués.

Cette précipitation a valu à l'exécutif socialiste des critiques dans l'opposition de droite, dénonçant une "communication politique" du pouvoir à l'encontre de l'unité nationale qui a prévalu en matière de lutte antiterroriste depuis les attentats de Paris (17 morts) en janvier.

Dans la presse française, certains éditorialistes ont évoqué eux aussi vendredi un "bourde" ou des "loupés" du gouvernement.

Selon une source proche du dossier, les trois suspects, qui se sont réclamés pendant leur garde à vue de l'organisation État islamique (EI) et revendiquent leur engagement jihadiste, auraient projeté d'attaquer le Fort Béar, un camp militaire de la région de Perpignan (sud).

Ils auraient envisagé d'y tuer des militaires en poste sur le site, de décapiter le chef du détachement et de filmer le crime pour le diffuser sur l'internet, selon une mise en scène rappelant les exactions de l'EI.

Leur objectif était apparemment de passer à l'action en fin d'année, peut-être le 31 décembre.

Le Fort Béar, qui domine la Méditerranée près de Collioure, abrite le centre national d'entraînement commando de l'armée française.

Le plus âgé des suspects y a été en poste comme guetteur avant d'être réformé de la Marine nationale en janvier 2014 à la suite de problèmes de santé. Selon la source proche du dossier, il avait pu "nourrir une rancune personnelle contre le chef de détachement".

Les trois hommes auraient initialement envisagé de se rendre en Syrie pour y mener le jihad. Mais la radicalisation du plus jeune avait été signalée aux autorités par un de ses proches, déclenchant une surveillance qui les a amenés à renoncer à ce départ.

Un jihadiste avec lequel ils étaient en contact en Syrie leur aurait alors conseillé de passer à l'action en France, selon la même source.

Selon le ministère de l'Intérieur, 1.850 Français ou résidents du pays "sont aujourd'hui impliqués dans des filières jihadistes, dont près de 500 en Syrie ou en Irak".

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