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17/07/2015 04:40 EDT | Actualisé 17/07/2016 01:12 EDT

Dans le nord de l'Italie, matelas en feu pour protester contre l'installation d'immigrés

Des habitants d'une localité de la région de Trévise (nord de l'Italie) ont mis le feu à des matelas pour tenter d'empêcher l'installation dans une résidence d'une centaine d'immigrés envoyés par la préfecture, ont rapporté les médias italiens.

A Quinto, l'arrivée de 101 immigrés accueillis par la région, et qui doivent être hébergés dans des appartements vides, a déchaîné la colère de quelques habitants qui ont fait irruption dans un des logements où avaient été amassés des lits de camps, des matelas, des téléviseurs pour les nouveaux arrivants.

Ils les ont sortis dehors et y ont mis le feu. Ils ont ensuite installé des tentes en affirmant, selon le Corriere della Sera: "nous ne rentrerons pas dans nos maisons tant qu'ils ne seront pas partis, c'est une invasion".

Les appartements seraient en outre dépourvus d'électricité, un argument de plus pour les opposants à leur installation.

Luca Zaia, gouverneur de la région de Vénétie, membre de la Ligue du Nord (droite anti-européenne aux accents xénophobes), interrogé sur une télévision italienne, a abondé dans le sens des protestataires: "Ils sont en train d'africaniser la Vénétie. C'est une déclaration de guerre pour ceux qui ne savent pas ce que signifie placer les (immigrés) aux côtés de familles avec de petits enfants. Il faut ériger un camp de tentes".

Le préfet de Trévise, Maria Augusta Marrosu, a mis de son côté les points sur les i: "ils resteront car ils n'ont pas le choix". Un graffiti en grandes lettres rouges sur un immeuble de Quinto lui a répondu: "Préfet Marrosu, amènes-les chez toi!"

L'Italie héberge plus de 80.000 migrants ayant traversé la Méditerranée: beaucoup d'Africains, notamment Erythréens, et des Syriens.

Les capacités d'accueil du pays ont atteint leurs limites. Le ministère de l'Intérieur a établi un plan de répartition entre régions pour leur accueil. Mais les structures ne sont souvent pas en place et les populations se sont pas prêtes à les accueillir, surtout dans le nord.

La Lombardie, région la plus riche d'Italie, accueille 9% des migrants, la Vénétie 4% et la Ligurie 2%. La Sicile, pour sa part, en abrite 22%, selon des chiffres officiels de juin.

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