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17/07/2015 00:46 EDT | Actualisé 16/07/2016 01:12 EDT

Cuba/USA, un siècle de relations contrastées

Avec le rétablissement officiel de leurs liens diplomatiques, les Etats-Unis et Cuba ouvrent lundi une nouvelle page de leurs relations, marquées au XXe siècle par la domination américaine, puis par l'hostilité de la guerre froide.

La genèse des relations américano-cubaines remonte à 1898, lorsque les Etats-Unis dépêchent des troupes sur l'île pour appuyer les indépendantistes cubains dans leur guerre face aux colons espagnols.

A l'issue du conflit la même année, le traité de Paris octroie à Washington les Philippines, Guam et Porto Rico et consacre l'indépendance de l'île. Mais un gouvernement militaire américain y est installé.

En 1902, ce gouvernement permet l'avènement de la République indépendante de Cuba, mais les Américains gardent la main sur l'île en greffant à sa constitution l'"Amendement Platt", un article décrié leur permettant d'intervenir militairement à leur guise.

En 1903, un traité américano-cubain accorde par ailleurs à Washington un bail à perpétuité sur le territoire de Guantanamo (sud-est), où sera installé en 2002 le camp de détention éponyme.

La mainmise américaine sur Cuba atteint son paroxysme dans les années 1920, lorsque son ambassadeur, le général Enoch Crowder, impose un véritable gouvernement parallèle sur l'île. Cette époque marque l'installation de nombreuses entreprises américaines dans des conditions très favorables.

En janvier 1928, se produit la seule visite à Cuba d'un président américain, Clavin Coolidge, à l'occasion d'une conférence panaméricaine.

La domination politique et économique de Washington sur cette île distante de moins de 200 km se poursuit lors de l'époque de Fulgencio Batista, homme fort du pays à partir des années 1930.

- Le basculement de 1959 -

En 1959, l'arrivée au pouvoir de Fidel Castro et de ses "barbudos" suscite dans un premier temps l'indifférence de Washington. Mais elle marque le début d'une rupture totale entre les deux pays.

Les castristes se mettent d'emblée les Etats-Unis à dos en lançant une réforme agraire assortie d'une vaste campagne de nationalisations de terres et entreprises américaines. Rapidement, le président Dwight Eisenhower réagit en coupant les relations diplomatiques avec La Havane le 3 janvier 1961.

Peu après, en avril, la débâcle d'une troupe anti-castriste soutenue par la CIA dans la Baie des Cochons contribua à envenimer davantage la situation.

Puis en février 1962, les Etats-Unis décident de mettre en place un embargo financier et économique contre l'île, pendant que le régime de Fidel Castro se rapproche de Moscou et commence à apporter son soutien à plusieurs guérillas latino-américaines.

En octobre de la même année, la fameuse crise des missiles nucléaires soviétiques sur l'île est à deux doigts de dégénérer en conflit nucléaire mondial. C'est à ce moment que Fidel Castro confirme le caractère communiste de sa révolution.

En 1966, le Congrès américain vote la "Loi d'ajustement cubain", qui a incité plus d'un million de cubains à émigrer aux Etats-Unis, d'abord pour des raisons politique, puis économiques.

Après l'effondrement du bloc soviétique, le tournant du siècle marque l'ouverture d'un nouveau chapitre, sous l'impulsion Raul Castro et Barack Obama, qui admet l'échec de la politique américaine vis à vis de Cuba.

Une poignée de main échangée en décembre 2013 à Johannesbourg, 18 mois de négociations menées dans le plus grand secret, puis une annonce historique: le 17 décembre 2014, les deux pays annoncent le rapprochement des deux pays.

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