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17/07/2015 07:43 EDT | Actualisé 17/07/2016 01:12 EDT

Burundi: reprise des négociations, compliquées par le forcing du pouvoir sur la présidentielle

Les négociations pour tenter de trouver une issue à la crise burundaise ont repris vendredi à Bujumbura, dans une ambiance tendue par la volonté réaffirmée du pouvoir d'organiser coûte que coûte l'élection présidentielle prévue mardi.

A quelques jours du scrutin fixé au 21 juillet, les délégués du gouvernement, du parti présidentiel CNDD-FDD, de l'opposition et de la société civile, ainsi que deux anciens chefs de l'Etat burundais ont repris les discussions à la mi-journée, sous l'égide du ministre ougandais de la Défense, Crispus Kiyonga, venu prendre le relais de son président Yoweri Museveni.

M. Museveni, mandaté par les pays de la Communauté est-africaine (EAC) pour dénouer la crise née fin avril de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, avait quitté Bujumbura mercredi après avoir obtenu des parties un engagement à négocier "sans discontinuer".

L'ambiance était toutefois tendue et les négociations ont commencé avec trois heures de retard, certains responsables de l'opposition agitant la menace de la chaise vide, alors que le gouvernement a réaffirmé jeudi soir que l'élection présidentielle se déroulera comme prévu mardi.

"Si le gouvernement persiste dans cette voie, on peut se demander pourquoi négocier", a réagi vendredi Charles Nditije, une des figures de l'opposition, unanime à refuser la tenue des élections à cette date.

"La décision du gouvernement signifie qu'il veut faire cavalier seul, qu'il ne veut pas de dialogue, au risque d'enfoncer ce pays dans une crise encore plus profonde, porteuse de tous les dangers", a-t-il estimé.

De son côté, l'ancien président Domitien Ndayizeye s'est dit prêt à poursuivre les négociations.

"Si ces élections présidentielles ont bien lieu mardi, elles pourront être annulées ou ne pas être reconnues", a-t-il déclaré à l'AFP.

L'opposition estime que la candidature du président Nkurunziza à un troisième mandat viole la Constitution, mais aussi l'accord d'Arusha, signé en 2000, qui avait permis la fin de la sanglante guerre civile au Burundi (300.000 morts entre 1993 et 2006).

Depuis fin avril, un mouvement de contestation populaire émaillé de violences meurtrières a fait plus de 80 morts.

Après l'échec d'un coup d'Etat militaire mi-mai, les violences se sont intensifiées, avec depuis quelques jours des combats entre l'armée et un groupe armé dans le nord du pays, dans des provinces frontalières du Rwanda et de la République démocratique du Congo (RDC).

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