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17/07/2015 00:34 EDT | Actualisé 16/07/2016 01:12 EDT

Bolivie: la ville de Potosi paralysée par une grève affectant locaux et touristes

Des dizaines d'étrangers étaient bloqués jeudi dans la ville minière et touristique de Potosi, dans le sud de la Bolivie, paralysée par un conflit social.

La grève débutée il y a 11 jours contre le manque d'investissements du gouvernement dans la région, s'est intensifiée ces derniers jours, des milliers de grévistes bloquant les principales voies d'accès à la ville, affectant la distribution alimentaire à la population.

"70 Argentins sont actuellement piégés à Potosi sans argent ni vivres", a déclaré en conférence de presse le ministre de l'Intérieur Carlos Romero.

Un touriste anglais, Justin Walley, a affirmé à l'AFP que 20 Français, trois touristes Britanniques et un Russe, arrivés il y a 5 jours à Potosi, étaient également bloqués dans la ville. Des sources diplomatiques à La Paz ont confirmé à l'AFP que les Français étaient des jeunes se trouvant dans la région pour faire du bénévolat.

Selon Justin Walley, "la police n'a pas de plan d'évacuation organisé, ils parlent d'un bus nous permettant de sortir, affrété par un hôtel, mais il n'y a pas de garantie de sécurité".

Quant aux 70 Argentins, venus en Bolivie pour la récente visite du pape, "les efforts qui ont été déployés pour leur faire quitter le département pour voie terrestre n'ont pas aboutis", a expliqué Carlos Romero. "Leur mission diplomatique a exprimé sa préoccupation", a-t-il ajouté.

Outre une pénurie de produits alimentaires, le ministre de l'Intérieur a observé que "des malades sont transportés en brouette parce que les ambulances ne peuvent pas se déplacer dans la ville".

"Nous sommes très préoccupés par cette situation très grave", a-t-il ajouté, regrettant que cela "compromet l'image touristique de Potosi, indépendamment des importantes pertes économiques".

Le gouvernement a également annoncé le début, vendredi, de discussions avec le gouverneur, les maires et les syndicats opposés à la grève, pour discuter de la résolution du conflit et a appelé les grévistes à se joindre aux négociations.

Le leader de Comcipo (Comité civique de Potosi) Johnny Llally, qui s'est rendu à La Paz cette semaine pour tenter de dialoguer avec le président Evo Morales, a déclaré à l'AFP être "mobilisé indéfiniment pour appuyer nos demandes et pour que le gouvernement nous écoute".

Les manifestants réclament la construction d'une usine de ciment, des projets de restructuration de la mine de Cerro Rico, affectée par l'exploitation artisanale, la construction d'un aéroport international et d'hopitaux spécialisés.

La grève a paralysé la mine de la compagnie Manquiri, filiale de la société américaine Coeur d'Alene Mines et menace les activités du groupe San Cristobal, propriété de Sumitomo Metal, société japonaise de production de zinc et nickel.

Potosi (200.000 habitants) est inscrite au patrimoine de l'humanité de l'Unesco et reste un des symboles de la splendeur coloniale en Amérique latine.

Située à 4.000 mètres d'altitude, elle a été au 16e siècle le plus grand complexe industriel au monde grâce aux gisements d'argent et d'étain du Cerro Rico, toujours exploités aujourd'hui.

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