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15/07/2015 03:40 EDT

Juste pour rire: l'opéra des Trois Accords

Vivien Gaumand

Quand ils ont monté leur spectacle avec l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) et le chef d’orchestre Simon Leclerc, l’automne dernier, Les Trois Accords s’étaient lancé le même défi qu’ils aspirent toujours à relever: aller là où on ne les attendait pas.

Alors que plusieurs croyaient que le groupe s’amènerait sur la scène de la Maison symphonique avec ses guitares électriques et revisiterait traditionnellement ses morceaux les plus célèbres comme Metallica l’a déjà fait avec un ensemble classique, nos hommes ont plutôt joué le jeu jusqu’au bout et épousé tous les codes de l’opéra et des concerts du genre: aucun déplacement d’instrument, aucun instrument rock, une sonorisation acoustique, aucune amplification, aucune entrée et sortie de scène, lumières allumées, aucune mise en scène, du chant lyrique, des pièces traduites en italien, en russe et en allemand et des sopranos et un ténor pour les interpréter.

Le résultat a pleinement ravi les membres des Trois Accords et s’inscrit encore aujourd’hui dans la liste de leurs plus beaux moments de carrière. C’est donc avec un immense bonheur qu’ils renouvelleront l’expérience, ce soir, sur la Scène Vidéotron du Festival Juste pour rire, à compter de 21h.

«C’est devenu un opéra des Trois Accords, expose Charles Dubreuil, batteur de la formation. Entendre Hawaïenne super bien orchestrée, avec un ténor qui la chante en allemand, c’est drôle et touchant en même temps. Dans la salle, les réactions des gens étaient vraiment surprenantes. Certains étaient émus, se recueillaient et avaient la main sur le cœur, tandis que d’autres voulaient mourir de rire!»

«À la Maison symphonique, tout le monde pensait qu’on allait arriver là en faisant les côlons et emmener l’orchestre ailleurs, mais on a fait exactement le contraire, continue Charles Dubreuil. Et c’a été un gros clash! Nous, la moitié du temps, on était assis dans la salle et on assistait au spectacle. Dans mon corps de jeune fille, quand c’est interprété par Cœur de pirate au piano, ça devient triste et touchant. Et quand un gars la chante en italien, en étant très sérieux, ça crée la même chose. C’est exactement le même effet. Saskatchewan en russe, ça sonne comme une tragédie!»

Plus digeste

Ce sont sensiblement les mêmes sentiments d’émotions mêlés de rires que Les Trois Accords espèrent susciter sur le site de Juste pour rire, ce soir. Évidemment, le concert a été retravaillé pour s’adapter aux contraintes d’une plateforme en plein air, devant beaucoup plus de gens, mais l’essence des Trois Accords symphonique demeurera le même. Si vous voulez être de la fête, arrivez tôt et enfilez vos plus belles tenues de soirée.

«On ne pouvait pas demander à Simon Leclerc de repartir en écriture pour tout faire, mais on a arrangé le tout pour que ça soit un peu plus digeste, explique Charles Dubreuil. C’était un peu intense, la façon dont c’avait été fait, à l’automne. Certaines parties demandaient énormément de concentration. À certains moments, ça ressemblait presque à une comédie musicale.»

«C’est donc essentiellement le même spectacle, mais on l’a retravaillé pour garder l’attention des spectateurs au maximum au début de la présentation, et non à la fin. Plus la prestation avancera, moins ils auront besoin d’être concentrés pour savoir ce qui se passe. On a coupé quelques trucs et on a essayé de bien faire vivre ça sur une grande scène extérieure.»

Une fois l’événement de Juste pour rire passé, Les Trois Accords reprendront leur tournée du Québec et mettront la dernière touche à leur prochain album, présentement en enregistrement à New York, qui ne porte pas encore de titre et qui devrait être lancé à l’automne, si tout va bien.

Les Trois Accords symphonique avec l’OSM, ce mercredi, 15 juillet, à 21h, sur la Scène Vidéotron (Place des Festivals) du Festival Juste pour rire. Gratuit.

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