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14/07/2015 10:31 EDT | Actualisé 14/07/2016 05:12 EDT

Les Néerlandais commémorent les victimes du vol MH17 et cherchent toujours les responsables

ASSOCIATED PRESS
A family member of a Malaysia Airlines flight MH17 victim cries during a memorial service to mark the first anniversary of the MH17 tragedy, at the Bunga Raya complex at Kuala Lumpur International Airport in Sepang, Malaysia, on Saturday, July 11, 2015. Controversy continues over who downed the plane, bound from Amsterdam to Kuala Lumpur, killing all 298 people on board on July 17, 2014. (AP Photo/Vincent Thian)

Les drapeaux néerlandais seront en berne vendredi lors du rassemblement des familles des 298 victimes du vol MH17, l'avion abattu il y a un an au-dessus de l'Ukraine, alors que la recherche des responsables du drame n'a toujours pas abouti.

Quelque 2000 membres des familles en deuil sont attendus pour une cérémonie privée dans le centre des Pays-Bas, à laquelle assisteront également le premier ministre Mark Rutte et d'autres responsables gouvernementaux, ont indiqué les organisateurs.

Cependant, si les familles des victimes de cette tragédie de la compagnie Malaysia Airlines le 17 juillet 2014 poursuivent leur deuil, les autorités cherchent toujours les responsables afin de les traduire en justice.

Les 298 passagers et membres d'équipage, dont une majorité de Néerlandais, sont morts lorsque cet avion commercial, effectuant une liaison de routine entre Amsterdam et la capitale de la Malaisie, a été abattu lors de l'une des phases les plus violentes des hostilités opposant les forces ukrainiennes aux séparatistes prorusses dans l'Est ukrainien.

Kiev et les Occidentaux soupçonnent les séparatistes d'avoir pu utiliser un missile sol-air BUK, fourni par la Russie, pour abattre l'appareil civil.

Mais Moscou a toujours catégoriquement démenti toute implication dans cet incident pointant en revanche du doigt les militaires ukrainiens.

«Qui est responsable ?»

«La question la plus importante qui se pose toujours est: qui est responsable?», explique à l'AFP Dennis Schouten, président de la Fondation de la catastrophe aérienne du MH17, créée l'an dernier pour représenter les familles des victimes.

Les Pays-Bas ont été chargés de retrouver les restes des corps des victimes ainsi que de l'enquête sur les causes du crash. Ils doivent également trouver et juger les responsables éventuels du drame.

Les corps de tous les passagers, à l'exception de ceux de deux Néerlandais, ont été retrouvés et identifiés.

le Bureau néerlandais d'enquête pour la sécurité (OVV) doit remettre son rapport final sur les raisons du crash, très attendu, lors de la première semaine d'octobre.

Sara Vernooij, porte-parole de l'OVV, note toutefois que ce rapport final ne s'intéresse qu'aux causes de la catastrophe mais n'identifiera pas les responsables.

Une enquête judiciaire par une équipe d'investigation composée d'experts australiens, belges, néerlandais, malaisiens et ukrainiens a été ouverte.

Le procureur néerlandais Fred Westerbeke a indiqué le mois dernier à des journalistes qu'on a identifié «de nombreuses personnes présentant un certain intérêt» dans cette enquête mais que le dossier qui permettra d'ouvrir un procès ne serait pas finalisé avant la fin de l'année au plus tôt.

Peu après le crash, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté la résolution 2166 demandant que les responsables «rendent des comptes et que tous les États coopèrent pleinement dans cette tâche».

La Malaisie, les Pays-Bas et d'autres pays ont avancé l'idée d'un tribunal sous l'égide de l'ONU, une option qui a été rejetée par la Russie, membre du Conseil de sécurité doté d'un véto.

«Si un tribunal de l'ONU devait être le moyen le plus rapide de juger les responsables, nous sommes en faveur de cette idée», a souligné M. Schouten de la Fondation sur la catastrophe aérienne du MH17.

La cérémonie de vendredi permettra néanmoins aux familles des victimes d'avancer un peu dans leur deuil. «Notre perte et notre tristesse sont toujours très présentes», a concédé M. Shouten.

Les pensées iront surtout aux familles des deux victimes dont on n'a pas retrouvé les restes, notamment celle d'Alex Ploeg, un biologiste de 58 ans, dont la femme et le fils sont également morts dans le crash.

Piet Ploeg, le frère d'Alex a confié cette semaine au tabloïd néerlandais De Telegraaf: «C'est dur. Concernant mon frère, je n'ai rien à quoi je pourrai dire adieu.»