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Turquie: début officiel des tractations pour la formation d'une coalition gouvernementale

Le Premier ministre turc désigné Ahmet Davutoglu entame lundi ses tractations avec les trois partis d'opposition pour former un gouvernement de coalition, un mois après les législatives que son parti a gagnées mais sans renouveler sa majorité absolue.

Le marathon de M. Davutoglu débute à 14h00 (11h00 GMT) par une rencontre avec le président du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) Kemal Kiliçdaroglu.

Il doit se poursuivre mardi par des entretiens avec le chef du Parti de l'action nationaliste (MHP, droite) Devlet Bahçeli puis, mercredi, avec celui du Parti démocratique des peuples (HDP, prokurde) Selahattin Demirtas.

Au pouvoir depuis 2002, le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) de M. Davutoglu et du président Recep Tayyip Erdogan, le véritable homme fort du pays, est arrivé en tête du scrutin du 7 juin en obtenant 40,6% des suffrages et 258 des 550 sièges de députés.

Il a devancé le CHP (25,1% et 132 sièges), le MHP (16,4% et 80 sièges) et le HDP (12,9% et 80 sièges également).

Les discussions du chef de l'AKP s'annoncent difficiles avec les deux principaux partis d'opposition, qui ont soumis toute alliance à des conditions très strictes difficilement acceptables par le parti au pouvoir, notamment la réouverture des enquêtes anticorruption qui visent le régime et une mise à l'écart politique de M. Erdogan.

Le HDP a de son côté exclu publiquement tout accord avec l'AKP.

Avant d'entamer ses consultations, M. Davutoglu s'est montré relativement optimiste sur les perspectives d'un accord. avant le coup d'envoi des entretiens. "Nous sommes à une distance égale du MHP et du CHP. Une coalition est tout à fait possible soit avec l'un ou avec l'autre", a-t-il dit vendredi.

Mais dimanche soir, le Premier ministre a mis en garde contre toute remise en cause des pouvoirs du président Erdogan. "Celui qui évoquerait (la question) ouvrirait un débat sur la légitimité, la respectabilité de notre président et saboterait dès le début les tractations", a-t-il averti, cité lundi par les journaux turcs.

M. Davutoglu a été formellement chargé le 9 juillet par le chef de l'Etat de former un nouveau gouvernement. Il dispose depuis cette date de 45 jours pour former une nouvelle équipe. En cas d'échec, M. Erdogan peut convoquer des législatives anticipées.

BA/pa/ros

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