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Nucléaire iranien: un autre délai évoqué alors que des désaccords persistent

VIENNE — Alors que les négociations pour conclure un accord nucléaire semblaient progresser considérablement en fin de semaine, des diplomates affirment que des désaccords importants persistent, laissant entrevoir un quatrième report de l'échéance fixée lundi, à minuit.

Selon ces sources, qui ont requis l'anonymat, les négociateurs ne s'entendent pas sur les inspections qui pourraient être effectuées en Iran pour s'assurer que le pays ne fabrique pas d'armes nucléaires.

L'entente limiterait la production nucléaire de l'Iran à long terme, mais les États-Unis veulent aussi s'assurer que l'Agence internationale de l'énergie atomique des Nations unies (ONU) ait le pouvoir d'enquêter sur les allégations de fabrication d'armes nucléaires au pays — des informations que la République islamique nie depuis toujours.

Bien que les discussions aient permis de progresser sur ce front, des divisions sont encore présentes sur l'étendue de l'accès qu'auront les enquêteurs de l'Agence. Certains représentants iraniens ont laissé entendre que les inspecteurs n'auraient pas accès aux sites militaires et qu'ils ne pourraient pas interroger des scientifiques nucléaires iraniens.

Deux autres enjeux seraient problématiques. L'Iran réclamerait que l'ONU lève l'embargo imposé à l'Iran sur les armes et que le Conseil de sécurité de l'ONU adopte une motion pour que les activités nucléaires de la République islamique ne soient plus jugées illégales — des propositions qui n'ont pas encore été approuvées par leurs vis-à-vis.

Plus tôt lundi, pourtant, le président Hassan Rouhani semblait annoncer la conclusion d'un accord. Dans un message sur son compte Twitter — qu'il a plus tard supprimé — il s'est réjoui de «l'entente sur l'Iran», qualifiant l'événement d'une «victoire pour la diplomatie et le respect mutuel».

Quelques minutes plus tard, il a modifié son micromessage pour ajouter le mot «si», signifiant que les négociateurs n'en étaient pas encore là.

Selon la télévision d'État iranienne, le texte de 100 pages de l'accord serait déjà rédigé, des modifications devaient être apportées «puisqu'une simple virgule pourrait tout changer». Un diplomate impliqué dans les négociations a cependant réfuté la nouvelle.

Ainsi, selon les informations des dernières heures, une prolongation de la troisième ronde, qui a commencé il y a 17 jours, semblait plausible.

En théorie, les négociateurs doivent s'entendre d'ici à lundi, minuit, heure de Vienne, donc à 18 h au Canada. Les diplomates semblaient résolus à se plier à cette échéance, mais ils ont prévenu que rien n'était encore certain et que les discussions pourraient se poursuivre jusqu'à mardi.

«Il ne devrait pas y avoir une prolongation des pourparlers», a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, cité par l'agence de presse officielle de l'État iranien, IRNA. Il a appelé les négociateurs à discuter aussi longtemps que nécessaire.

Son ministre adjoint aux Affaires étrangères Abbas Aragchi, a confirmé qu'il restait des éléments problématiques. Il n'a pas pu garantir qu'un accord serait conclu lundi ou mardi.

Les six autres ministres des Affaires étrangères, la mine dure, ont refusé de répondre aux questions sur une possible prolongation. Les États-Unis, le Royaume Uni, la France, l'Allemagne, la Russie et la Chine participent aux discussions avec l'Iran.

L'un des diplomates qui s'est confié à l'Associated Press a souligné que ce présumé report n'était pas prévu, puisque les négociateurs pensaient pouvoir résoudre leurs différends aussi tôt que dimanche soir.

Matthew Lee et George Jahn, The Associated Press

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