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Nucléaire iranien : tout près du but, les négociateurs piétinent

Si l'Iran et le groupe G5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne) semblaient proches de conclure un compromis fort attendu dans le dossier nucléaire iranien, il ne faut pas s'attendre à ce que l'entente historique soit annoncée lundi à Vienne, où se déroulent les négociations, a prévenu Téhéran.

Les six pays s'étaient pourtant donné jusqu'à minuit, dans la nuit de lundi à mardi, pour conclure un accord. La date-butoir a déjà été repoussée trois fois en deux semaines.

Les négociations ne seront pas achevées avant cette date, a indiqué le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, à l'agence de presse iranienne Isna, après que des diplomates eurent pourtant évoqué ce scénario.

Les principaux protagonistes - le secrétaire d'État américain, John Kerry, et son homologue iranien ont travaillé fort pour que cette entente devienne réalité. Les deux hommes se sont retrouvés au Palais Coburg comme presque tous les jours depuis l'ouverture du dernier cycle de négociations, le 27 juin. Mais pour la première fois depuis plusieurs jours, leurs homologues russe, chinois, français, britannique, allemand et européen ont tous participé aux échanges.

Un accord devrait conduire à une levée des sanctions internationales qui frappent Téhéran, en échange de mesures garantissant que l'Iran ne se dotera pas de l'arme nucléaire.

Continuer ou non les discussions

En soirée, des médias iraniens ont rapporté que les ministres des Affaires étrangères des six pays impliqués dans les négociations prévoyaient de se rencontrer à nouveau à 21 h, heure de Vienne (15 h HE), mais un diplomate iranien a ensuite affirmé que la réunion n'aurait probablement pas lieu.

John Kerry a refusé de dire si une nouvelle date-butoir pouvait être fixée.

Américains et Iraniens ont déjà évoqué la possibilité de mettre un terme aux discussions. Une autre option évoquée est de suspendre les négociations pour quelques semaines, voire quelques mois, mais l'Iran a déjà dit s'y opposer.

Parmi les pierres d'achoppement, la volonté de Téhéran devoir le Conseil de sécurité des Nations unies lever, immédiatement après un accord, l'embargo sur les armes et les restrictions imposées à l'Iran sur son programme de missiles balistiques. Sur ce dossier, l'Iran a reçu le soutien de la Russie.

Il y a d'autres questions délicates : les inspections des experts internationaux sur les sites militaires iraniens, le rythme de la levée des sanctions et les explications réclamées à Téhéran sur une possible dimension militaire de ses recherches nucléaires passées.

Depuis deux jours, les négociateurs font pourtant preuve d'optimisme. Tous les acteurs assurent que l'accord définitif est « à portée de main », ou prêt « à 98% » ou « 99% », qu'il ne manque qu'une « volonté politique » pour surmonter les derniers différends d'un dossier qui empoisonne les relations internationales depuis 12 ans.

Des sources proches des discussions avaient même fait état de préparatifs pour une cérémonie officielle dans la capitale autrichienne au cas où un accord serait conclu. Le ministre iranien de l'Intérieur a quant à lui demandé aux autorités locales de se préparer à des scènes de liesse dans les rues, la population espérant que la levée des sanctions internationales permettra une amélioration de ses conditions de vie en cas d'accord.

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