DIVERTISSEMENT
13/07/2015 11:08 EDT | Actualisé 13/07/2015 11:10 EDT

Gala Laurent Paquin : jouissif! (PHOTOS)

David Kirouac

Ça faisait plus que gémir de plaisir à la Salle Wilfrid-Pelletier, lundi, au gala Juste pour rire de Laurent Paquin. Devant cette orgie de gags portant sur la luxure, les gens ont ri aux éclats, se sont levés à plusieurs reprises (presque chaque fois) pour ovationner les artistes sur scène, et ont souvent crié, non pas d’extase, mais d’amusement.

Vous l’aurez compris, Laurent et ses acolytes ont été formidables et ont très bien exploité le sujet qu’ils avaient entre les mains, en étant tantôt gentils, tantôt crus.

Les orgasmes ont été nombreux. En premier lieu, le monologue d’ouverture de Laurent Paquin était à la hauteur des attentes. Le vétéran des galas Juste pour rire déçoit rarement, et il a encore visé dans le mille. D’abord vêtu d’une robe de chambre qui lui donnait les airs de Hugh Hefner, Paquin a ensuite repris ses habits d’animateur et a réfléchi à voix haute sur diverses notions liées à la sexualité, expliquant d’abord la différence entre «luxe» et «luxure».

«Le luxe, c’est la Ferrari, la luxure, c’est la fellation. Le premier augmente sérieusement tes chances d’avoir le deuxième… dans le premier!»

Les puristes qui n’aiment pas parler de sexe, les sections portes closes des clubs vidéo de jadis, la pornographie gaie, les différents types d’ébats («faire l’amour», «baiser» et «fourrer»), Paquin a ratissé large dans ses observations, toutes très efficaces. «Ce qui distingue "faire l’amour", "baiser" et "fourrer", c’est le degré de tendresse. Tu ne fourres pas tendrement. Tu fais l’amour dans un lit, tu baises dans un char et tu fourres dans une toilette d’un Esso!»

Avant l’arrivée de Laurent, un très suggestive et langoureuse vignette burlesque avait servi d’entrée en matière. On avait recréé un cabaret hyper sexy avec danseurs, en déshabillés de dentelle pour les femmes – et même poitrine au vent dans un cas - et torses nus pour les hommes, et la chanteuse Véronique Claveau, très chic dans sa robe noire, au micro. Tous les éléments les plus kitsch des maisons de débauche d’antan avaient été utilisés, plumes y compris.

Quelques grands crus

Dominic et Martin ont séduit avec une petite engueulade, en s’obstinant à savoir s’ils devraient, oui ou non, former un couple. Martin disait oui, Dominic disait non. Et c’était très drôle.

«Ça ne me dérange pas que les gens pensent que je suis gai, mais qu’ils pensent que je suis avec toi, ça me fait chier!», a vociféré Dominic.

Martin a défilé les arguments en faveur d’une union amoureuse. «On pourrait échanger nos vêtements», a-t-il plaidé. «Oui, tu pourrais me prêter tes bas, ça me ferait des beaux leggings», a riposté Dominic.

Autre perle, cette saynète avec Salomé Corbo. Laurent Paquin et elle incarnaient un couple désireux de mettre du piquant dans sa vie sexuelle et sur le point de tenter le sadomasochisme. Accoutré d’un sage pyjama… de cuir, Laurent et sa douce d’un soir ont échangé de douces vacheries dans un sketch au final très cocasse.

Pour son tour de piste de lundi, lui qui est des sept galas Juste pour rire 2015, Guillaume Wagner a causé masturbation (et comparé les hommes qui s’y adonnent à «des écureuils sur le crack»), fellations, Fifty Shades of Grey et amour sur Internet. Son franc-parler seyait bien à un collectif portant sur les plaisirs de la chair.

Grâce à la thématique de la luxure, Maxim Martin avait le prétexte idéal pour traiter de «l’affaire» Joël Legendre, qui a été le fil conducteur de toute sa tirade. De son œil toujours vif, il a soulevé d’excellents points. «Il y a plus de gens qui se masturbent que de gens qui fument la cigarette. Techniquement, on devrait pouvoir le faire en public», a suggéré Maxim.

Il a finalement terminé son analyse en établissant une judicieuse comparaison entre le cas de Joël Legendre et celui de Claude Dubois, condamné à la prison pour alcool au volant.

Galerie photo Gala Laurent Paquin au Festival Juste pour rire 2015 Voyez les images

P-A Méthot a été très bon en détaillant quelques pratiques sexuelles qu’il juge douteuses, comme le ponnying (cherchez sur Internet...), le dirty talk ou les déguisements de mascottes. Il a raconté avoir déjà essayé d’enduire sa conjointe d’huile pour faire l’amour. «Quand les ambulanciers sont arrivés, ils l’ont échappée trois fois tellement elle était glissante!»

Bellefeuille et le Kâmasûtra

Dans ce feu roulant de numéros à forte odeur de testostérone, Mélanie Ghanimé était la seule représentante féminine au rayon du stand-up. Elle s’est attardée à quelques-unes de ses mauvaises expériences sous les draps, comme lorsqu’elle s’est endormie pendant un cunnilingus. On salue la présence et l’énergie de la jeune femme, qui a bien tiré son épingle du jeu parmi toutes ces grosses pointures.

Le jeune Alex Douville a montré de quel bois il se chauffe en s’attaquant à quelques clichés de la pornographie. Il s’est fait grandement remarquer avec son style percutant ; vous le reverrez ailleurs prochainement, c’est certain. À elle seule, son introduction donnait le ton: «Moi et les femmes, on a une relation communément appelée amour-peur. J’ai l’air du parfait violeur. Je suis obligé d’aller cruiser dans les bibliothèques, parce que là, les filles n’ont pas le droit de crier», a exposé le costaud barbu, néanmoins fort sympathique.

Mais le plus grand succès de la soirée revient à François Bellefeuille, qui a littéralement fait crouler la salle de rire avec son interprétation, très personnelle, du Kâmasûtra, images à l’appui. On sentait que les spectateurs en auraient pris beaucoup plus… jusqu’à crier «Encore»!

Quelques pépins

Très intéressant, le rendez-vous de Laurent Paquin avait pourtant commencé sur une note bizarre et on craignait un peu le pire. Le spectacle, prévu pour 18h30, a commencé avec quelques minutes de retard, mais les gens dans la salle ne s’impatientaient pas outre mesure. On a toutefois eu l’impression que ce décalage a quelque peu accéléré le rythme du gala, vers la fin.

Puis, pendant le tour de chant de Véronique Claveau, au début, nul n’entendait la voix de l’interprète en raison de problèmes de sonorisation. Quelques secondes ont été nécessaires avant qu’on n’intervienne pour régler le problème. Mais heureusement, tout s’est placé lorsque Laurent Paquin a pris le contrôle, et les 3200 spectateurs réunis à Wilfrid-Pelletier (la salle affichait complet), ont vécu non pas une intense partie de jambes en l’air, mais très agréable moment d’humour, qui sera renouvelé ce mardi, 14 juillet, à 18h30 et 21h30.