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Biodiversité : le Canada à la traîne, dénonce un groupe environnemental

La Société pour la nature et les parcs du Canada accuse le fédéral et les provinces de ne pas en faire assez pour protéger le territoire. Le pays s'est engagé, avec les autres membres de l'ONU, à conserver 17 % de ses zones terrestres d'ici 2020, mais il est toujours loin de son objectif, soutient l'organisme dans un rapport publié ce matin.

Un texte de Marie-Ève Maheu

Les engagements ont été pris il y a cinq ans à Nagoya, au Japon. Depuis, le Canada ne protège toujours qu'environ 10 % de son territoire.

« On fait moins bien que les États-Unis, on fait moins bien que la plupart des pays d'Amérique latine, définitivement moins bien que l'Europe, et même moins bien que pas mal de pays d'Afrique », déplore Alice de Swarte, du groupe environnemental.

Pourtant, 20 % des forêts vierges de la planète se trouvent ici, au Canada.

Des investissements records, disent les conservateurs

Le bureau de la ministre fédérale de l'Environnement, Leona Aglukkaq, affirme pourtant réaliser des investissements record pour la conservation et les parcs nationaux.

« Dans la dernière année seulement, nous avons créé deux parcs nationaux, le premier parc urbain national au Canada et une aire marine nationale de conservation. Le Canada a maintenant plus d'un million de kilomètres carrés d'aires protégées, soit presque la superficie de l'Ontario », a réagi le porte-parole, Jonathan Lefebvre, dans une réponse transmise par courriel.

Le gouvernement a aussi entrepris l'an dernier d'investir 250 millions de dollars pour son plan de conservation. Ce montant est surtout destiné à la protection de terrains privés.

Mais selon Alice de Stwarte, il faudrait bien plus pour atteindre les objectifs de 2020, non seulement du fédéral, mais aussi des provinces, qui ont un important rôle à jouer.

« Il y a une grande disparité à travers le Canada, par exemple, la Colombie-Britannique protège 15 % de son territoire, alors que l'Île-du-Prince-Édouard n'en protège que 3 % », explique-t-elle.

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Au Québec, où les aires protégées représentent 10 % du territoire, la situation piétine depuis le début des années 2010, déplore Mme de Swarte. Selon elle, c'est notamment parce que la responsabilité de choisir les aires à protéger a été transférée aux régions, et que leurs suggestions n'ont pas été concrétisées par le ministre québécois de l'Environnement.

Le climat d'austérité pourrait être en partie responsable, croit-elle. « C'est sûr que c'est un défi d'atteindre les objectifs internationaux quand on n'a pas les moyens financiers pour le faire. » Le dernier budget libéral n'accorde que 0,2 % de son enveloppe globale à l'environnement.

La Société pour la nature et les parcs du Canada est toutefois encouragée par la promesse de Québec de protéger la moitié du territoire nordique (600 000 km2) des activités industrielles dans le cadre du Plan Nord.

Mais au rythme où vont les choses, le pays n'atteindra pas les 20 % d'aires protégées avant 50 ans, croit le groupe environnemental, qui souligne l'urgence d'agir.

« Le maintien des espaces sauvages, ça permet de filtrer l'eau, de filtrer l'air. On sait que le rythme d'extinction des espèces s'est accéléré de manière effrayante ces cinquante dernières années », dit Mme de Swarte.

Et il n'y a pas que la population qui gagne à la création d'aires protégées, l'économie aussi, souligne-t-elle. « Quand on injecte dans les parcs du Canada nationaux, provinciaux et territoriaux), c'est 6 $ qui reviennent dans le produit intérieur brut », dit Mme de Swarte, citant une étude de 2011 commandée par le Conseil canadien des parcs. Elle espère donc que ce genre d'information convainque Ottawa et les provinces d'en faire plus.

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