DIVERTISSEMENT
12/07/2015 07:43 EDT

Juste pour rire - Gala François Bellefeuille : salvatrice colère (PHOTOS)

David Kirouac

La colère est-elle source de fous rires? François Bellefeuille et ses invités ont prouvé que oui, samedi, à la Salle Wilfrid-Pelletier. Le premier gala Juste pour rire de l’année a été excellent du début à la fin et n’a souffert d’aucun temps mort. On n’a pas vu le temps passer pendant ces 100 minutes d’humour songé et intelligent, livré par des artistes en grande forme.

Si tous les galas du Festival Juste pour rire 2015 sont aussi solides, on vivra une mémorable 33e édition. En prime, on a même eu droit à la première apparition publique de Marie-Chantal Toupin depuis le mini-scandale qui a suivi son congédiement d’une émission de MOI&cie pour ses propos déplacés sur Facebook, il y a un mois.

Tous les galas Juste pour rire s’amorcent avec une vidéo. Samedi, on a mis la table avec un hilarant mini-film, où François Bellefeuille, hors de lui, tenait des homards en otage, devant deux policiers, dont l’un était incarné par Jean-Nicolas Verreault. Toujours aussi absurde, notre hôte exigeait une rançon d’un million en cennes noires, un jet privé et la face de Brad Pitt.

Bellefeuille a ensuite été parfait dans son monologue d’ouverture. Son célèbre personnage s’est défoulé à qui mieux mieux sur une tonne d’éléments : les femmes enceintes, Guillaume Lemay-Thivierge et les Hyundai, les abeilles en voie d’extinction, les mouches. «Si j’avais un meilleur ami… Ou, si j’avais un ami… Ce serait Richard Martineau. Tous les deux, on passe nos journées à chialer sur des sujets qu’on ne connaît pas pantoute!», a-t-il entre autres balancé, avec succès.

Laurent et Korine efficaces

Seule personnalité qui sera des sept galas sur les péchés capitaux, Guillaume Wagner a hérité du mandat de traiter de l’aspect religieux de chaque péché. Il a usé du prétexte de la colère pour jaser misogynie, un problème on ne peut plus dans l’air du temps. Wagner, avec son ton percutant, a décrié les techniques de drague de certains hommes. Sa dénonciation s’est terminée sur une pointe envers Bill Cosby, un bon punch.

Korine Côté et Laurent Paquin étaient tous les deux très inspirés. Korine a commencé en parlant des haters, ces internautes qui insultent les artistes sur les réseaux sociaux avec des messages bourrés de fautes d’orthographe. Puis, elle a enchaîné en criant haut et fort son dégoût pour la coriandre («Je ne la connais pas personnellement, mais je suis sûre que la coriandre est conne. J’étais bien avant que la coriandre arrive. La coriandre, ça pousse dans le rectum de Satan»), et a terminé en nouant un lien habile avec le début de son numéro. Une tirade très bien ficelée.

Laurent, lui, a tiré à boulets rouges sur nos politiciens, de Stephen Harper à Justin Trudeau, de Gaétan Barrette à Pierre Karl Péladeau. «Les politiciens nous bullshitent parce qu’on vit bien avec ça», a déploré celui que la salle a reçu en héros.

Marie-Chantal rate la cible

On s’explique mal pourquoi, mais l’apparition-surprise de Marie-Chantal Toupin n’a pas provoqué beaucoup de réactions dans le parterre. Dans un segment pastichant les différentes situations possibles lorsqu’on contacte un service à la clientèle, Billy Tellier interprétait un préposé au téléphone chargé de répondre aux demandes des clients. À tour de rôle, François Bellefeuille, Réal Béland (ou plutôt, Monsieur Latreille) et Sylvain Larocque ont fait irruption pour se plaindre. Puis, au milieu du sketch, la chanteuse est sortie de nulle part. «Mon Internet ne marche pas, ça écrit toujours en majuscules sur mon Facebook», a-t-elle lancé, jouant le jeu avec brio. Le flash était judicieux, mais n’a hélas pas frappé très fort.

Mariana Mazza est en voie de devenir l’enfant chérie du Festival Juste pour rire. Après avoir triomphé au gala d’Anaïs Favron et Maxim Martin, l’an dernier, la jeune femme a encore récolté une ovation debout après son passage, samedi. Elle est revenue sur l’incident du Gala les Olivier, lorsqu’elle a brandi un doigt d’honneur à Mike Ward, et s’est insurgée du fait que son geste a causé la controverse. «En fait, je voulais dire bonjour, mais j’ai oublié de déplier les autres doigts», a-t-elle d’abord justifié, avant de révéler : «Ma page Facebook a passé de 17 000 à 38 000 fans en trois jours. L’année prochaine, je me flashe les boules et je vais me cro** dans un parc». Son franc-parler n’a pas du tout troublé la foule, qui s’est aussi esclaffée lorsque Mariana a décrypté l’expression «avoir du sable dans le vagin», que certains hommes utilisent pour se moquer de la colère des femmes.

Julien Tremblay a fait un tabac avec ses gags à caractère sexuel appuyés par des accords de guitare de circonstance, qu’il grattait au fur et à mesure que ses phrases évoluaient. Il a fait mouche en jasant séduction, sextos et mères sur Facebook. Le parterre s’est levé pour lui aussi en l’applaudissant. Tout de suite après, Dominic Paquet a été accueilli en rock star et a déclaré ne pas être habitué de se fâcher. Il a discouru sur l’importance d’avoir «l’attitude» lorsqu’on se met en colère et a évoqué la drôlerie d’une colère d’enfant.

Claude Poirier écorché

À un certain moment, François Bellefeuille est revenu pour continuer de hurler ce qui l’enrage au quotidien. Il a déversé son fiel sur les tarentules et sur la bonne humeur omniprésente à Salut, Bonjour.

Le spectacle s’est conclu sur une prestation du groupe Les Bagels, et non Les Beatles, comme François Bellefeuille aurait voulu. Jean-Marc Chaput est intervenu pour calmer l’animateur en furie. Le public a mis du temps à réaliser que le gala était terminé et n’a ainsi pas offert d’ovation monstre à la tomber du rideau, mais on retiendra quand même cette boutade baveuse de Bellefeuille crachée à Laurent Paquin : «Toi qui me parles du plaisir de se faire jouer dans les cheveux, c’est comme Claude Poirier qui parle du bonheur de vivre dans une maison…»

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