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12/07/2015 03:51 EDT | Actualisé 12/07/2015 03:51 EDT

Se balader sous l'autoroute 40 : le rêve fou de jeunes ingénieurs

Radio-Canada/Marie-Eve Maheu

Un groupe d'ingénieurs de Montréal travaille en coulisse à embellir le dessous de l'autoroute 40. Déjà, des bénévoles de 14 à 16 ans ont commencé à verdir une section de ce monstre de béton. Dans les prochaines semaines, des bancs, des supports à vélo et des murales s'ajouteront.

Un texte de Marie-Ève Maheu

« Laide », « polluante », « sale », « à éviter » : les voisins de la 40 ne portent pas l'autoroute dans leur coeur.

« Avec le bruit et la pollution, j'ai envie de déménager. »

— Marc, voisin de la 40 depuis 6 mois

« Je la trouve laide, même si je l'utilise chaque jour. J'aurais aimé qu'ils fassent quelque chose de sous terrain. »

— Marielle Saint-Jean, résidente d'Ahuntsic

« Ce n'est pas un coin qui est très plaisant à passer, donc on passe, et on ne s'attarde pas trop, disons. »

— Philippe Faucher, résident de Villeray

Et c'est justement ce que veulent changer de jeunes ingénieurs avec leur projet baptisé Parallèle 40. « Ce qu'on veut, c'est que ça devienne une espèce de long couloir, un parc urbain où les gens viennent circuler », explique une des instigatrices du projet, Véronique Barry, qui est aussi présidente du Forum des jeunes professionnels de l'Association des firmes de génie-conseil du Québec.

Une initiative de longue haleine donc, qui commence cette année à l'intersection de la rue Henri-Julien et de la métropolitaine entre les quartiers Ahuntsic et Villeray, mais qui devrait se poursuivre dans le temps.

Le projet a émergé dans le cadre du mouvement Je vois Montréal, une invitation aux citoyens à repenser leur ville pour son 375e anniversaire.

À lire aussi : Des idées pour Montréal : notre dossier sur le mouvement Je vois Montréal

Un projet communautaire

Des adolescents ont déjà mis la main à la pâte pour reverdir le dessous du viaduc.

« On a enlevé tout le sable, tous les déchets. On a planté des fleurs qui vont survivre à l'hiver, à la poussière et qui n'ont pas besoin de beaucoup de soleil », explique Élizabeth, 14 ans, membre du groupe C-Vert pour l'engagement environnemental dans le quartier.

Prochaine étape : la fabrication et l'installation de bancs de parcs et de supports à vélo en bois recyclé. Une dizaine d'autres adolescents du quartier participeront à la décoration de 18 colonnes de béton.

« On va procéder par pochoirs, explique Véronique Barry. Les jeunes vont découper des motifs de feuille d'arbres et peinture ça et par-dessus il y va y avoir des motifs » typiques de la ville, comme des ruelles et ses cordes à lingue, le Mont-Royal, le stade olympique, l'enseigne « Farine Five Roses », etc.

Le muraliste Olivier Allard va appuyer la dizaine d'adolescents qui manieront le pinceau.

Véronique Barry espère que les voisins de la 40 se réapproprieront tranquillement les lieux. « De dire "ah oui, j'habite à côté de la High Line Park de Montréal", c'est cool ça! », en référence au vieux chemin de fer surélevé transformé en parc linéaire à New York.

Jean Comtois, qui vit à quelques rues de l'autoroute, n'est pas convaincu qu'il passerait du temps sous la 40. « Le bruit va être encore là et la poussière que les autos dégagent va rester. Mais au moins ce serait plus beau quand on y passe », dit-il.

Roger Laberge affirme qu'il viendrait y lire sans problème, à l'abri des intempéries. Marielle Saint-Jean, de son côté, songe à y amener ses petits-enfants, puisqu'il y aura notamment une marelle dessinée sur le sol.

Plus à l'est, en face de la TOHU, le viaduc de la 40 a déjà commencé à se faire une beauté à l'automne dernier. MU a réalisé une murale sur les colonnes à l'occasion des 10 ans de la Cité des arts du cirque.

Véronique Barry souhaite qu'il y en ait de plus en plus.

Galerie photo Annonce de la phase 1 du recouvrement de l'autoroute Ville-Marie Voyez les images