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Peur Dépôt: un terrible virus envahit le Vieux-Port de Montréal! (PHOTOS)

Les Montréalais aiment frissonner. Depuis deux ans, près de 100 000 personnes se sont frottées à l’expérience Peur Dépôt, ce parcours immersif sensoriel établi dans un assemblage d’immenses conteneurs rouge vif, qui fait hurler de terreur les plus peureux. La grande tour de Peur Dépôt se dresse à nouveau cet été sur la Place des Vestiges, à l’entrée du Quai Jacques-Cartier, dans le Vieux-Port de Montréal. Et, pour cette deuxième saison, on a pimenté le concept en lui greffant un défi baptisé Virus – Le jeu.

Tapis noir: Peur Dépôt dans le Vieux-Port de Montréal

«Le lieu est envahi par un virus, explique Martin St-Gelais, producteur délégué pour ACME Immersif, la compagnie à l’origine du projet, et membre de l’équipe de création. Dans les différentes stations de jeu, il faut combattre le virus. Mais, c’est un virus… Donc, il se défend! (rires) Tout ça, dans des environnements insolites.»

Peur Dépôt repose sur les phobies anodines du quotidien et non sur les mises en scène sanglantes pour effrayer ses participants : peurs urbaines, peur du noir, peur des insectes, peur des ascenseurs. On nous y agresse avec de l’électricité, des piqûres d’insectes, du venim ou du vent, entre autres, pendant que des comédiens-zombies nous tournent autour. De sympathiques monstres assurent aussi une animation à l’extérieur, pendant que les braves font la file d’attente pour entrer dans cette maison de l’épouvante.

«Par exemple, que peut-il arriver dans un ascenseur? Comment on exploite la claustrophobie? Il peut y avoir des lieux clos qui se compressent sur nous…», suggère Martin St-Gelais, pour donner un aperçu du genre de frousses qui jalonnent le chemin de Peur Dépôt. «Tout ça, dans un environnement où on ne sait pas où on est, poursuit le concepteur. On est totalement déstabilisés.»

Poule mouillée?

ACME Immersif a frappé un grand coup il y a deux ans, en érigeant pour la première fois l’imposante structure de Peur Dépôt dans le stationnement du Carrefour Angrignon, à l’automne 2013. En 28 jours, 22 000 courageux avaient testé l’attraction et le mot s’est rapidement passé, tant et si bien que la Société du Vieux-Port de Montréal a approché l’entreprise et lui a offert de transporter sa formule alliant appareillage technologique d’avant-garde et scénographie à la fine pointe dans le Vieux-Port.

L’été dernier, c’est 60 000 personnes qui mettaient le pied dans ces grosses boîtes de 40 pieds chacune. ACME Immersif se spécialise depuis 1996 dans la fabrication d’effets au cinéma, à la télévision, au théâtre, au cirque, dans les variétés et dans l’événementiel.

«Peur Dépôt s’inspire des maisons hantées, mais à la saveur québécoise, indique Martin St-Gelais. Au départ, on a fait une grande étude de ce qui se faisait dans le marché de l’horreur aux États-Unis et au Canada anglais. En Amérique, c’est un marché de plus d’un milliard de dollars. Il y a donc un engouement, mais on a constaté qu’au Québec, ce n’était pas très exploité. Il y en a un peu dans le thème de l’Halloween, mais nous, on voulait mettre sur pied un divertissement immersif et interactif.»

Un «séjour» dans l’univers de Peur Dépôt dure généralement entre 18 et 20 minutes et, si on ajoute l’épreuve de Virus – Le jeu, on peut refaire le trajet jusqu’à trois fois, et celui-ci se modifiera à chaque fois, avec d’autres surprises dans les stations de jeu. Habileté et rapidité sont à tout prix nécessaires pour combattre ce fameux virus, et les performances sont évaluées à l’aide d’un bracelet utilisant la technologie RFID (Radio Frequency Identification).

Peur Dépôt s’adresse aux 7 à 77 ans, mais les enfants de moins de 12 ans doivent être accompagnés d’un adulte. Et, que les cœurs sensibles ne s’inquiètent pas, il existe une façon de s’échapper de ces conteneurs maléfiques si la pression devient trop forte. On vous dévoile ici le mot de passe : «poule mouillée».

«On respecte l’intégrité physique des gens, assure Martin St-Gelais. Personne ne va être touché. On voit à la sécurité des gens. Oui, on a une animation pour ajouter de la stimulation et de la tension dramatique, mais si une personne a trop peur, elle n’a qu’à dire «poule mouillée». Les responsables viendront la chercher, vont la sécuriser si elle est en crise de panique et vont la guider à l’extérieur.»

Soyez toutefois avertis : si vous ouvrez la bouche pour lancer le fatidique «poule mouillée», votre photo risque de se retrouver sur le «mur des célébrités» de Peur Dépôt, et vous pourriez même avoir à exécuter une petite chorégraphie de danse sur une musique composée spécialement pour «rendre hommage» aux craintifs, sous les yeux des passants. C’est un pensez-y bien…

Léane et Pier-Luc ambassadeurs

En 2013 et en 2014, l’auteur Patrick Sénécal, passé maître dans le style de l’horreur, était porte-parole de Peur Dépôt ; l’une des sections du parcours évoque d’ailleurs son roman Aliss.

Trop occupé pour reprendre son rôle d’ambassadeur en 2015, Sénécal a transmis le flambeau à Léane Labrèche-Dor et Pier-Luc Funk. Le duo a goûté aux «tortures» de Peur Dépôt et de Virus – Le jeu lundi dernier, jour de l’inauguration officielle de l’activité.

Fait amusant, c’était ce jour-là (6 juillet) l’anniversaire de Léane ; sous les regards amusés des invités venus fouler le «tapis noir», la comédienne s’est fait chanter Joyeux anniversaire… de la voix de drôles de zombies et autres étranges créatures.

«Nous, on est exactement le public-cible de Peur Dépôt, a badiné Pier-Luc Funk. On est les pires chochottes! Léane et moi, on se racontait nos souvenirs de films de peur; pour moi, c’était E.T. C’était mon climax! Des rhinocéros qui courent, nous, on le vivait mal; alors, on est très contents que Peur Dépôt soit passé!»

«Écoute, je porte un chandail couleur gomme balloune, a renchéri Léane. C’est sûr que, si tu me mets avec des zombies, je pète une coche! Pier-Luc et moi, je pense qu’on a fait le parcours dans le double du temps normal…»

«Léane a été accroupie tout le long, a raconté son partenaire. Et moi, j’ai essayé de montrer que je suis un homme! (rires)»

D’autres artistes avaient profité de la journée ensoleillée pour vérifier la solidité de leurs nerfs avec une incursion dans le monde de Peur Dépôt. Amélie B.Simard avait été pétrifiée une première fois par celui-ci en 2013.

«Je l’avais testé avec mon amie Kim Rusk, s’est remémoré la chanteuse et comédienne. On avait eu très peur! Aujourd’hui, je répète l’expérience avec une amie et mon amoureux. Moi, je fais des sauts à rien, dans la vie! Je suis une proie très facile (rires). Mais je me suis préparée mentalement…»

À quelques jours de partir en voyage de noces – en Corse et sur la mer Baltique, une semaine en tête-à-tête avec son amoureux et une semaine en famille -, Caroline Néron s’était offert une sortie de filles avec des mamans qui, comme elle, carburent davantage, ces temps-ci, à La reine des neiges qu’à L’Exorciste.

«On est trois mamans de filles qui ont toutes le même âge, a spécifié Caroline. Tu n’écoutes pas ça, des films d’horreur, quand tu as des enfants de cinq ans! Mais je me suis dit : «Pourquoi pas?» Je voulais l’essayer et me mettre au défi. Je ne sais pas ce que je fais ici ; peut-être que je ne vais pas bien», a conclu dans un éclat de rire celle qui continue de développer son entreprise de bijoux à l’échelle internationale, et qui aura de nouveaux sacs à main, lunettes et parfums à montrer très bientôt.

Peur Dépôt est ouvert jusqu’au 1er novembre prochain, dans le Vieux-Port de Montréal.

Consultez le peurdepot.com pour les horaires et les tarifs.

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