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09/07/2015 06:46 EDT | Actualisé 09/07/2015 11:16 EDT

Ego Trip: «Je ne veux pas devenir un has been» - Patrick Huard (ENTREVUE/PHOTOS)

Ces derniers temps, Patrick Huard est partout. À la télévision, sur scène, et bientôt au cinéma où il tient le haut de l’affiche de la comédie populaire Ego Trip, dans nos salles depuis mercredi. Et pourtant, l’acteur de 46 ans ne cache pas ses craintes sur les mirages de l’industrie du spectacle. Rencontre.

Dans Ego Trip, réalisé par Benoit Pelletier avec un scénario signé François Avard, Patrick Huard incarne un animateur de talk-show autrefois adulé, mais aujourd’hui dans le déclin. «C’est affreux, lance-t-il en entrevue. Je ne veux pas devenir un has been comme lui, même si je me suis inspiré de mes peurs pour construire sa psychologie.»

Au fond, le comédien sait bien que tout peut arriver dans la vie. Il reste que si un jour il doit vivre un pareil destin, il souhaite que cela ne soit pas de sa faute. «Le personnage que je joue est un homme abject qui mérite ce qui lui arrive, rétorque-t-il. C’est souvent le résultat lorsqu’on se trouve trop hot et qu’on agit avec condescendance. Il n’a pas évolué.»

Pour éviter de tomber d’aussi haut, Huard dit chercher l’essence de son travail chaque fois qu’il entreprend un nouveau projet. «Je me concentre sur toutes les choses que je fais et sur lesquelles j’ai le contrôle, explique-t-il. Je me donne à fond sans me laisser parasiter.»

Et d’ailleurs, il n’hésite pas à aller chercher bien loin dans ses souvenirs de jeunesse. «J’essaie toujours de retrouver l’essence de mes années au cégep quand je faisais de l’improvisation. Il n’y avait pas de considération sur combien on va faire au box-office ou est-ce que les critiques vont être bonnes. On était sincère, voilà tout. Alors, j’essaie de garder cet esprit.»

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Un carrière occupée

Jusqu’à présent, cette recette lui réussit plutôt bien. Rappelons qu’il a accumulé au cours de sa carrière certains des plus gros succès du cinéma québécois comme Bon Cop, Bad Cop en 2006 récoltant sur son passage 10,5 millions de dollars. Et puis, outre la comédie estivale Ego Trip, on le verra en automne prochain dans Guibord s'en va-t-en guerre, le très attendu nouveau film de Philippe Falardeau.

«C’est vrai que je suis occupé en ce moment, dit-il. Depuis la sortie de Starbuck, je n’avais reçu aucune proposition. Le cinéma commençait à me manquer sérieusement. Ce qui me manquait le plus, ce sont les plateaux de tournage. Je suis un véritable junky des plateaux de tournage.»

Après quatre ans d’absence, le voilà donc de retour avec cette première comédie de l’été où l’acteur est entouré d’une grosse distribution composée entre autres d’Antoine Bertrand et de Guy Jodoin. «On a formé un trio d’enfer. On a eu beaucoup de plaisir à travailler ensemble», dit-il.

Le scénariste François Avard a eu l'idée d’un film comme Ego Trip après avoir effectué un voyage humanitaire à Port-au-Prince à Haïti quelques mois seulement après le terrible tremblement de terre de 2010. «On a tourné la majorité des scènes en République dominicaine, précise Huard. Mais on s’est toujours entouré d’Haïtiens, car c’est d'eux dont on parle avant tout.»

L’acteur en garde de beaux souvenirs. «Les Haïtiens sont des résilients. J’admire leur courage. Même si le Québec est une terre d’accueil pour un grand nombre d’entre eux, il reste qu’on ne connaît pas si bien leur réalité. En les côtoyant, j’ai beaucoup appris sur leur vie et leur quotidien. Une expérience inoubliable.»

Ego Trip – Les Films Séville – Comédie – 105 minutes – Sortie en salles le 8 juillet 2015 – Canada, Québec.