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09/07/2015 05:37 EDT | Actualisé 09/07/2015 05:37 EDT

Faucille et marteau: le cadeau du président bolivien Evo Morales au pape fait polémique

ASSOCIATED PRESS
Pope Francis is presented with a gift of a crucifix carved into a wooden hammer and sickle, the Communist symbol uniting labor and peasants, by Bolivian President Evo Morales in La Paz, Bolivia, Wednesday, July 8, 2015. Apart from the carved hammer and sickle, Morales gave Francis another politically loaded gift, a copy of

L'insolite cadeau du président bolivien Evo Morales au pape François - un Christ crucifié sur une sculpture en bois de la faucille et du marteau, symbole graphique du communisme - a semé la controverse jeudi en Bolivie, où certains le considèrent comme une "provocation".

La sculpture a été réalisé par le père jésuite Luis Espinal, également poète et artiste, assassiné en 1980 par des paramilitaires d'extrême droite, auquel le pape a rendu hommage mercredi à son arrivée à La Paz.

"Nous sommes habitués à l'originalité créative du président Morales", a commenté pour l'AFP Mgr Eugenio Coter, vicaire apostolique du département amazonien de Pando, interrogé sur ce cadeau qui a laissé le souverain pontife visiblement perplexe.

"C'est une provocation, une blague", a estimé l'évêque bolivien Gonzalo del Castillo.

La ministre de la Communication, Marianela Paco, a expliqué sur Radio Patria Nueva qu'il s'agit d'un cadeau symbolique, "parce que la faucille évoque le paysan et le marteau le charpentier, qui représentent des gens humbles, des travailleurs, le peuple de Dieu".

"Telle était l'intention de ce cadeau, il n'y en avait pas d'autre", a-t-elle assuré.

La ministre a rappelé que Paco Espinal s'adonnait au dessin et la sculpture sur bois. "Ses dessins et sculptures avaient toujours une signification profonde", a-t-elle ajouté.

"Je crois que l'expression du visage du pape en dit long. Il avait l'air surpris, est resté bouche bée, pas du tout souriant. La question est de savoir comment déchiffrer son visage", a ajouté Mgr Coter.

"C'est un cadeau anachronique. Dans les années 70, un tel objet avait du sens, il représentait l'engagement envers le socialisme. Aujourd'hui, après la chute du mur de Berlin, il appartient au passé. Le ressortir aujourd'hui, hors contexte est une facétie du président" Morales, a commenté Francisco Zaratti, expert en religions.

Pour sa part, le porte-parole du Vatican le père Federico Lombardi a reconnu que la remise de ce cadeau et de deux décorations officielles dédiées à Espinal n'était pas prévues au programme.

"Le pape n'a pas fait d'observation particulière à ce sujet", a-t-il commenté.

Sur les réseaux sociaux, la plupart des commentaires étaient négatifs : "Rien de plus laid que communisme et religion" tweete Daniele, "Quel manque de respect" s'exclame pour sa part @Titicas.

Evo Morales, premier président amérindien de Bolivie, se définit comme un socialiste faisant partie du courant régional de gauche "Socialisme du XXIe siècle", auquel appartiennent aussi les gouvernements du Venezuela et d'Equateur.

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