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08/07/2015 11:33 EDT | Actualisé 08/07/2016 05:12 EDT

La Grèce promet un plan de réformes pour jeudi

ASSOCIATED PRESS
New Greek Finance Minister Euclid Tsakalotos arrives for a hand over ceremony in Athens, Monday, July 6, 2015. Following Sunday's referendum the Greece and its membership in Europe's joint currency faced an uncertain future Monday, with the country under pressure to restart bailout talks with creditors as soon as possible after Greeks resoundingly rejected the notion of more austerity in exchange for aid. (AP Photo/Petr David Josek)

La Grèce a promis mercredi de présenter un nouveau programme de réformes "crédibles", répondant à l'ultimatum lancé par des dirigeants européens, excédés, qui espèrent conclure avant dimanche un accord de la dernière chance pour maintenir le pays dans la zone euro.

"Sans unité, nous allons nous réveiller dans quatre jours dans une Europe différente", a lancé mercredi Donald Tusk, le président du Conseil européen, appelant la Grèce comme les créanciers à un accord d'ici dimanche. "C'est notre dernière chance", a-t-il insisté devant le Parlement européen.

A la tribune, le Premier ministre grec Alexis Tsipras s'est lui engagé à soumettre à ses créanciers "de nouvelles propositions concrètes de réformes crédibles" jeudi, comme le lui réclame la zone euro en contrepartie d'un troisième plan d'aide.

"Ne laissons pas l'Europe se diviser", a-t-il lancé.

Mais Alexis Tsipras, issu de la gauche radicale et porté au pouvoir en janvier sur la promesse de ne pas imposer davantage d'austérité à la Grèce, a aussi défendu son "droit à choisir" la manière de redresser le pays. Il a affirmé qu'un accord devait être "socialement juste et économiquement viable".

En pleine épreuve de force entre Athènes et ses créanciers, exaspérés après des mois de négociations houleuses, le ton se fait de plus en plus alarmant, les partenaires européens de la Grèce évoquant désormais sans tabou le "scénario noir" du Grexit, la sortie du pays de la zone euro.

La zone euro, l'un des principaux créanciers d'Athènes, va à présent étudier la nouvelle demande d'aide sur trois ans que la Grèce vient de lui adresser.

Mais la requête d'Athènes devra être assortie d'un plan avec "des réformes enfin sérieuses", a estimé mercredi à Paris le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, afin d'éviter le Grexit, qui "serait un échec terrible, un échec collectif".

- Jeudi minuit -

Le "programme complet" promis par Alexis Tsipras devra être envoyé à ses partenaires avant jeudi minuit, puis examiné par les créanciers et soumis samedi aux ministres des Finances de la zone euro.

Pour l'heure, la Grèce s'est engagée à des réformes des impôts et des retraites "dès la semaine prochaine", a indiqué le nouveau ministre grec des Finances, Euclide Tsakalotos.

Si ce programme donne satisfaction, les dirigeants européens peuvent officiellement donner le coup d'envoi des négociations sur ce nouveau programme d'aide dimanche, lors d'un sommet exceptionnel à 28 à Bruxelles. Dans le cas contraire, cette réunion pourrait se transformer en sommet de crise, amorçant la sortie de la Grèce de la zone euro.

Des solutions urgentes et à court terme sont aussi nécessaires pour qu'Athènes puisse rembourser le 20 juillet la Banque centrale européenne, qui maintient en vie son économie par un goutte-à-goutte financier aux banques hellènes.

Faute d'accord, la BCE pourrait lâcher les banques grecques, conduisant inévitablement à un effondrement du système bancaire et une banqueroute du pays, le propulsant hors de l'euro.

Le conseil des gouverneurs de la BCE tiendra ce mercredi une réunion téléphonique sur l'aide aux banques grecques, mais "l'exaspération et l'impatience montent au sein (de cette instance) face à l'attitude du gouvernement grec", a indiqué une source bancaire.

Les dirigeants européens sont également gagnés par l'exaspération face aux derniers rebondissements de la crise grecque, après que le non l'a emporté à plus de 60% lors du référendum convoqué par Athènes le 5 juillet.

"On a perdu beaucoup de temps et on arrive à une situation où, si on n'a pas de proposition concrète, on risque d'aller droit dans le mur", a commenté mercredi le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel, se disant "déçu".

Soulignant l'urgence de la situation, le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a dit craindre mercredi le risque d'"émeutes" et d'"un chaos" en Grèce, où "l'économie est au bord de la rupture", tandis que les banques restent fermées pour éviter un effondrement du système financier.

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