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07/07/2015 09:10 EDT | Actualisé 07/07/2016 01:12 EDT

Une délégation afghane au Pakistan pour des pourparlers avec les talibans (Kaboul)

Une délégation du gouvernement afghan est arrivée mardi à Islamabad pour y mener des "pourparlers de paix" avec les rebelles talibans, qui combattent Kaboul sans relâche depuis la chute de leur régime en 2001, ont annoncé les autorités afghanes.

Si les talibans n'ont pas confirmé la tenue de ces négociations, c'est la première fois que le gouvernement afghan reconnaît a priori mener de telles discussions avec les insurgés islamistes.

Cette annonce intervient le jour où les rebelles ont poursuivi leur sanglante offensive estivale par deux nouveaux attentats contre les forces de l'Otan et les services de renseignement afghans qui ont fait au moins un mort et cinq blessés dans la capitale Kaboul.

La dernière rencontre, informelle, entre des talibans afghans et des représentants de la société afghane avait eu lieu à la mi juin à Oslo et avait porté sur la condition des femmes afghanes.

Signe d'une timide amorce de dialogue entre les belligérants, Hekmat Khalil Karzaï, vice-ministre des Affaires étrangères, "est arrivé à Islamabad avec une délégation du Haut conseil pour la paix", un organisme chargé de rallier les talibans à des négociations, a expliqué à l'AFP Sayed Zafar Hachémi, un porte-parole du président afghan Ashraf Ghani. Ce dernier a lui-même confirmé cette information sur Twitter.

M. Hachémi n'a toutefois pas précisé la teneur des discussions, ni le nom des participants côté taliban.

Si plusieurs rencontres de ce type ont déjà eu lieu dans le passé, notamment au Qatar, en Chine et en Norvège, l'originalité de ces nouveaux pourparlers réside dans le lieu choisi pour les accueillir.

M. Ghani mise en effet énormément sur des relations plus chaleureuses avec son voisin pakistanais, historiquement très proche des talibans, pour ramener la paix dans un pays déchiré par plus de 35 ans de conflit.

Kaboul, notamment sous le règne du prédécesseur de M. Ghani, Hamid Karzaï, a souvent accusé par le passé Islamabad de soutenir la rébellion islamiste pour défendre ses intérêts en Afghanistan.

De l'avis de nombreux observateurs, le conflit afghan ne pourra se régler sans la participation à la paix du Pakistan, dont la très instable zone frontalière avec l'Afghanistan abrite nombre de groupes et groupuscules islamistes.

Les talibans posent de leur côté plusieurs conditions préalables à l'ouverture de pourparlers de paix, à commencer par le départ de tous les soldats étrangers encore stationnés en Afghanistan, soit une force réduite de quelque 12.500 soldats de l'Otan chargés de conseiller les forces afghanes qui combattant les rebelles.

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