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07/07/2015 07:30 EDT | Actualisé 07/07/2016 01:12 EDT

Syrie: un responsable américain à Ankara sur fond de rumeurs d'intervention turque

Le coordinateur américain de la coalition internationale contre le groupe Etat islamique (EI) s'entretenait mardi à Ankara avec des responsables turcs, sur fond de rumeurs insistantes d'intervention de la Turquie en Syrie, a-t-on appris de source officielle.

"Le général John Allen mène aujourd'hui des entretiens à Ankara", a indiqué sous couvert de l'anonymat à l'AFP cette source turque, précisant que le sujet des discussions était "naturellement la lutte anti-EI".

L'ex-général américain, accompagné de la sous-secrétaire américaine à la politique de défense Christine Wormuth, doit rencontrer des chefs militaires et le sous-secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Feridun Sinirlioglu, a ajouté cette source.

Cette visite intervient alors que les médias turcs affirment depuis une dizaine de jours que le gouvernement islamo-conservateur d'Ankara envisage une opération militaire en Syrie pour repousser loin de ses frontières les jihadistes et empêcher la progression des forces kurdes, qui tiennent une grande partie de la zone frontalière avec la Turquie.

Depuis plusieurs jours, l'armée a ostensiblement renforcé son dispositif tout au long de la frontière de 900 km qui sépare la Turquie de la Syrie.

Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu, qui expédie les affaires courantes depuis que son parti a perdu sa majorité absolue au Parlement lors des législatives du7 juin, a assuré vendredi que son pays n'envisageait pas d'opération imminente en Syrie.

"Personne ne doit s'attendre à ce que la Turquie entre demain ou dans un avenir proche en Syrie. C'est de la spéculation", a-t-il déclaré en excluant toute opération unilatérale.

Depuis que les milices kurdes ont chassé à la mi-juin les jihadistes de l'EI de la ville frontalière syrienne de Tall Abyad, Ankara s'inquiète de la création d'une zone autonome kurde dans le nord de la Syrie.

La Turquie accuse les milices kurdes syriennes, proches du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui mène la rébellion sur son sol, de "nettoyage ethnique" dans les secteurs qu'elles contrôlent afin de faciliter la constitution d'une région autonome.

Les Kurdes ont fermement démenti ces allégations.

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