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07/07/2015 06:56 EDT | Actualisé 07/07/2016 01:12 EDT

Syrie: les frappes repoussent l'EI, Obama intensifie la campagne

Des combats acharnés opposent dans le nord de la Syrie le groupe Etat islamique (EI) aux forces kurdes soutenues par les frappes de la coalition dirigée par Washington qui a réaffirmé sa volonté d'intensifier la lutte contre les jihadistes.

Depuis dimanche, les raids intenses de la coalition internationale et les combats au sol face aux forces kurdes ont fait au moins 78 morts dans les rangs de l'organisation extrémiste dans le nord du pays, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les frappes ont également permis aux forces kurdes de chasser les jihadistes de villages entre les provinces septentrionales de Raqa et Hassaké.

"Nous intensifions nos efforts contre les bases de l'EI en Syrie", a déclaré le président américain Barack Obama lundi soir, en ajoutant que les frappes continueront à viser notamment "les installations pétrolières et gazières qui financent nombre de leurs opérations".

- 'Campagne à long terme' -

Selon M. Obama, les plus de 5.000 frappes aériennes menées en Irak et en Syrie ont permis d'éliminer "des milliers de combattants dont des haut-responsables de l'EI".

"Ce ne sera pas rapide. C'est une campagne sur le long terme", a-t-il martelé.

D'après le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter, les bombardements américains visent d'abord à soutenir les avancées des forces kurdes.

Débutés en Syrie le 23 septembre 2014, les raids ont permis aux Kurdes de chasser l'EI des villes de Kobané et Tall Abyad, à la frontière avec la Turquie, et d'avancer au coeur même de la province de Raqa, fief de l'organisation ultraradicale qui a décrété il y un an un "califat" à cheval sur la Syrie et l'Irak.

La chute de Tall Abyad avait représenté un revers cinglant pour l'EI qui utilisait cette localité frontalière pour faire passer de Turquie armes et combattants.

- L'EI chassé de villages -

Depuis lundi, les frappes de la coalition ont également permis aux Kurdes de reprendre le contrôle de plus de 10 villages entre les provinces de Raqa et Hassaké après des attaques surprises des jihadistes.

"Les avions de la coalition ont joué un rôle efficace dans la reprise" de ces localités, a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH. Les "bombes pleuvaient sur plusieurs régions dans la province de Raqa".

"Des combats acharnés se déroulent encore mardi tout au long de cet axe entre Raqa et Hassaké", précise-t-il.

Toujours dans la province de Raqa, l'OSDH, qui se base sur un large réseau de sources à travers la Syrie, a affirmé que la localité d'Aïn Issa était encore aux mains des jihadistes.

Le 23 juin, les forces kurdes s'étaient emparés de cette localité située à 55 km au nord de Raqa, "capitale" de l'EI en Syrie. Mais, ne s'avouant pas vaincu, l'EI l'a attaquée de nouveau lundi.

Les Kurdes soutiennent toutefois que l'EI en a été chassé à la suite d'intenses combats dans la nuit de lundi à mardi.

"Il reste encore quelques poches dans le sud de la localité", a affirmé à l'AFP Mustefa Ebdi, un militant kurde, en précisant que les Kurdes étaient appuyés par la coalition mais aussi par des groupes rebelles qui combattent à la fois le régime syrien et l'EI.

"Il y a des dizaines de corps de jihadistes sur le champ de bataille", a -t-il indiqué.

- Attentat suicide à Alep -

Sur le front d'Alep, deuxième ville du pays, les combats se poursuivaient à l'ouest de la métropole où deux coalitions rebelles ont lancé une offensive majeure la semaine dernière.

Mardi, les forces du régime, appuyées par le Hezbollah chiite libanais, tentaient de reprendre le Centre de recherches scientifiques pris par Fatah Halab (Conquête d'Alep), une coalition de rebelles dits modérés.

La capture de ce centre militaire stratégique situé à la périphérie ouest a été l'un des plus importants changements intervenus sur le terrain en deux ans dans l'ancienne capitale économique.

Elle permet en effet aux rebelles de se rapprocher pour la première fois des quartiers ouest contrôlés par le régime.

Dans l'ouest de la ville, 25 combattants des forces du régime ont été tués lundi soir dans un attentat suicide commis au quartier de Zahra par un membre du Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al Qaïda, selon l'OSDH.

Al-Nosra fait partie de la deuxième coalition de rebelles islamistes qui participe à l'offensive à l'ouest d'Alep.

La guerre complexe en Syrie, qui a fait plus de 230.000 morts depuis quatre ans, oppose à la fois le régime de Bachar al-Assad, les rebelles, les kurdes et les jihadistes qui tentent chacun de s'emparer de larges pans du territoire.

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