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07/07/2015 11:02 EDT | Actualisé 07/07/2016 01:12 EDT

Plongeon: La réputation joue un rôle de plus en plus important dans les notes

MONTRÉAL — Jennifer Abel et ses coéquipières du 'Fab Four' tentent tant bien que mal de se forger une réputation enviable sur la scène internationale. Et pour cause car cet aspect revêt une importance capitale dans les notes attribuées aux athlètes en compétitions, estime l'entraîneur Arturo Miranda.

«Aujourd'hui, le processus d'octroi des médailles est un peu différent, a-t-il expliqué lors d'un entretien avec La Presse Canadienne. Je crois que l'emphase est mise davantage sur l'athlète que sur sa performance. Si Jennifer (Abel) et les Chinoises effectuent des plongeons identiques, qui grimpera sur la plus haute marche du podium? Les résultats parlent d'eux-mêmes.»

Les Chinoises Tingmao Shi, Zi He et Han Wang ont dominé les six étapes des Séries mondiales de plongeon de la FINA au tremplin de 3 m cette saison, sauf à Kazan, en Russie, où Abel a pu se faufiler entre Shi et Wang sur la deuxième marche du podium.

Abel a confié avoir fait la même observation que son entraîneur au fil de la saison, mais soutient qu'un changement est en train de s'opérer dans l'attitude des juges depuis qu'elle exécute son double saut périlleux et demi avant avec deux vrilles. Un plongeon dont elle est l'une des seules à avoir le secret.

«Les juges ont commencé à le voir, a admis la Lavalloise âgée de 24 ans. Mes performances sont de plus en plus constantes, et ça se reflète dans mes scores. Disons que les Chinoises ont moins le bénéfice du doute qu'auparavant.»

Miranda est bien placé pour parler de l'évolution du plongeon féminin sur la scène internationale. Celui qui supervise la carrière d'Abel a été plongeur pendant l'âge d'or du plongeon canadien. Il a notamment fini cinquième au tremplin de 3 m synchro aux Jeux olympiques de Pékin en 2008, avec un certain Alexandre Despatie.

«Quand ils (Alexandre et Émilie Heymans) gagnaient l'or, personne ne se posait la question à savoir s'ils pouvaient le faire, a expliqué le Cubain d'origine âgé de 44 ans. Lorsqu'on regarde le tableau d'ensemble, on réalise que les médailles d'or viennent de façon sporadique. Il faut être patient.»

Alors, les efforts d'Abel et Miranda seront-ils récompensés? Une partie de la réponse viendra des juges présents au Centre aquatique et complexe sportif panaméricain de Toronto. Les épreuve en plongeon commencent dès vendredi, jour de l'ouverture officielle des jeux, avec les préliminaires au tremplin de 3 mètres chez les messieurs et de la tour de 10 mètres chez les dames. Abel entrera en scène dimanche au tremplin de 3 mètres.

Une révolution chez les dames

Miranda se montre enthousiaste avec l'introduction cette saison de l'épreuve au tremplin de 3 m synchro mixte. Celle-ci a été présentée en compétition pour la première fois lors des Séries mondiales de plongeon de Pékin, en mars. Abel et son partenaire François Imbeau-Dulac, de Saint-Lazare, se sont classés deuxièmes derrière les Chinois Aisen Chen et Zi He, avant de rééditer leur performance à Dubaï.

Selon Miranda, cette compétition aura éventuellement un impact positif sur les performances des plongeuses.

«Le plongeon synchro mixte, à long terme, sera bénéfique pour les dames parce qu'elles tenteront d'égaler les hommes, a-t-il expliqué. Plus souvent qu'autrement, les femmes savent qu'elles peuvent réussir les mêmes plongeons que les hommes, mais elles manquent simplement de puissance. En se retrouvant côte-à-côte dans une compétition, elles s'amélioreront indubitablement. C'est déjà le cas pour Jennifer et Meaghan (Benfeito).»

Le plongeon synchro mixte, qui figurera au programme des Championnats du monde de plongeon à Kazan, en Russie, fin juillet, ne sera toutefois pas au programme des Jeux panaméricains cet été ni à celui des Jeux olympiques de Rio en 2016. Il pourrait cependant être intégré aux Jeux de Tokyo, en 2020.

Alexandre Geoffrion-McInnis, La Presse Canadienne