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07/07/2015 07:07 EDT | Actualisé 07/07/2016 01:12 EDT

Pas de propositions de la Grèce avant mercredi

La rencontre de l'Eurogroupe à Bruxelles s'est terminée sans propositions « concrètes » de la Grèce, contrairement à ce qu'attendaient les ministres des Finances de la zone euro.

Selon un haut responsable de la zone euro, la Grèce attendra au moins jusqu'à mercredi avant de présenter à ses créanciers des propositions de réformes, malgré le sommet des dirigeants qui commence, toujours à Bruxelles.

« L'absence de propositions concrètes de la part du gouvernement grec n'aide pas pour le sommet des dirigeants de la zone euro ce soir », a déploré le premier ministre maltais, Joseph Muscat, sur son compte Twitter.

Tenue deux jours après l'éclatante victoire du non au référendum, cette rencontre de l'Eurogroupe était une première pour le nouveau ministre grec des Finances, Euclide Tsakalotos, le successeur du radical Yanis Varoufakis, qui a démissionné.

Après avoir déclaré que les Grecs « méritaient mieux », il est entré sans un mot mardi à son arrivée à la réunion avec ses homologues. Ce n'est pas le cas du commissaire européen chargé de l'Euro, Valdis Dombrovskis.

« Si la confiance n'est pas établie, si aucun programme de réformes crédible n'est présenté », une sortie de l'euro « ne peut être exclue », a-t-il déclaré. Un ton qui tranchait avec celui, plus conciliant, du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Ce dernier juge qu'il était « temps de se retrouver à la table des négociations ».

À l'instar de son ministre des Finances, le premier ministre grec Alexis Tsipras se retrouve lui aussi à Bruxelles, où il est attendu à un sommet extraordinaire réunissant les leaders de la zone euro.

Pendant ce temps, l'économie continue de tourner au ralenti en Grèce. La situation s'est aggravée depuis lundi, alors que la Banque centrale européenne (BCE) a durci les conditions de ses prêts d'urgence. Les banques grecques, à sec, devaient rouvrir leurs portes mardi, mais attendront finalement jeudi avant de le faire.

La ligne dure se renforce

En Europe, on s'attend à ce que la Grèce présente des réformes « crédibles » si elle veut rester dans la zone euro. Sinon, c'est le Grexit qui l'attend, une hypothèse envisagée par une majorité de pays européens, usés par de longs mois de négociations.

Outre l'Allemagne, les pays de l'Est ainsi que ceux qui ont été durement frappés par la crise de la dette, comme le Portugal, ne veulent plus venir en aide à la Grèce, après deux plans d'aide d'un montant total de 240 milliards d'euros.

Le ministre slovaque des Finances, Peter Kazimir, croit plutôt que « prolonger ces discussions serait préjudiciable » et qu'il faudra prendre « des décisions courageuses dans un sens ou dans l'autre ».

Moins catégorique, le ministre maltais Edward Scicluna estime qu'un Grexit est une « possibilité réaliste », mais qu'il ne faut pas l'agiter comme « un bâton ».

De l'autre côté de ce camp, il y a la France, l'Espagne, l'Italie ou encore le Luxembourg, qui se veulent plus accommodants.

Pour le ministre espagnol Luis de Guindos, « une sortie de la zone euro n'est pas sur la table ».

La France, conciliante depuis les touts débuts, poursuit sur cette ligné. Selon le premier ministre Manuel Valls, elle « fera tout pour que la Grèce reste dans la zone euro, car c'est sa place, au coeur même de la construction européenne ».

Le président François Hollande a rencontré hier la chancelière allemande Angela Merkel en vue du sommet de Bruxelles. Ils se sont mis d'accord pour exiger de M. Tsipras des « propositions tout à fait précises » et « sérieuses » sur la table avant de négocier un nouveau plan d'aide.