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07/07/2015 14:19 EDT | Actualisé 07/07/2016 01:12 EDT

Nucléaire: négociations tendues à Vienne, issue toujours incertaine

La négociation sur le nucléaire s'est tendue à Vienne, l'Iran et les grandes puissances butant sans cesse sur les mêmes questions, au point de prolonger encore une fois leurs tractations pour "quelques jours" et essayer d'arracher enfin un accord historique.

Néanmoins, après onze jours de discussions acharnées dans la capitale autrichienne, rien ne semble joué et l'accord se dérobe toujours, tant les points d'achoppement persistent, selon les différentes parties.

Depuis deux jours, les ministres du P5+1 (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Russie, Chine et Allemagne) ont enchaîné les réunions, entre eux puis avec l'Iran. Mais sans percée pour le moment, le chef de la diplomatie russe Serguei Lavrov évoquant même "sept ou huit points" toujours en suspens.

"Il y a un certain nombre de questions. Il faudra des marchandages et des décisions difficiles de part et d'autre", a déclaré son homologue britannique Philip Hammond.

Les échanges semblent avoir été parfois houleux. "Il y a eu des tensions", selon le Français Laurent Fabius, "cela a parfois été dur", a confié la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini.

La plupart des ministres du P5+1 sont repartis mardi soir de Vienne, où ils devraient revenir mercredi soir pour de nouvelles séances de discussions nocturnes.

Car les discussions, qui étaient censées s'achever ce mardi, vont "continuer au cours des prochains jours", a annoncé dans l'après-midi Mme Mogherini, se refusant toutefois à parler de nouvelle date butoir.

"C'est difficile, mais nous savons tous que nous avons une très importante responsabilité que nous ne devons pas gâcher", a ajouté Mme Mogherini, soulignant que les parties souhaitaient "utiliser au maximum" la "fenêtre" d'opportunité viennoise pour clore le dossier.

Parallèlement, la porte-parole de la diplomatie américaine, Marie Harf, a précisé que l'accord intérimaire, servant de cadre légal aux négociations depuis novembre 2013, et qui expirait mardi soir, devait être prolongé jusqu'à vendredi "10 juillet".

Téhéran "n'a pas de date butoir", répètent de leur côté les Iraniens.

L'interminable négociation sur le nucléaire iranien, entamée il y a des années mais réellement lancée en novembre 2013, est censée aboutir à un accord historique garantissant que Téhéran ne cherchera pas à se doter de la bombe atomique, en échange d'une levée des sanctions contre son économie.

- Embargo sur les armes -

Les points d'achoppement restent toujours les mêmes, avec une acuité différente suivant les périodes. Ils concernent essentiellement la durée d'un accord, les sanctions contre l'Iran, et la "possible dimension militaire" (PMD) du programme nucléaire iranien, selon M. Fabius.

Dans le volet "sanctions", Sergueï Lavrov a confié mardi que la levée de l'embargo sur les armes frappant l'Iran demeurait un "problème majeur", ce qui a été confirmé par un diplomate iranien. En cas d'accord, Téhéran veut voir les restrictions levées sur les ventes d'armes et son programme de missiles.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté en 2010 une résolution interdisant la vente à l'Iran d'armes (telles que chars de combat, hélicoptères d'attaque, navires de guerre, missiles et lanceurs de missiles...) et prohibant les activités balistiques de Téhéran.

"Les restrictions sur les armes et les missiles" seront maintenues dans le cadre d'un éventuel accord, a cependant déclaré mardi soir un officiel américain sous couvert de l'anonymat.

La levée des restrictions sur les armes et les missiles dans un accord serait difficile à faire passer, compte tenu du contexte régional, et de l'implication iranienne dans plusieurs conflits, notamment en Syrie ou en Irak.

Un autre point de blocage concerne la PMD, la possible dimension militaire du programme nucléaire iranien au moins jusqu'en 2003, sur laquelle l'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA) veut faire toute la lumière.

Téhéran, qui a toujours démenti avoir voulu se constituer un arsenal nucléaire militaire, a toutefois affirmé mardi que l'Iran et l'AIEA avaient fait "un grand pas" sur ce dossier, au lendemain de la visite d'une délégation de l'agence atomique.

Un échec de la négociation ruinerait près de deux ans d'efforts destinés à apurer un contentieux qui empoisonne les relations internationales depuis plus de douze ans.

"Nous n'avons jamais été aussi proche d'un accord... et pourtant nous ne sommes pas au point où nous devrions être", a déploré le haut responsable américain, estimant que ce serait "une tragédie" si tous les mois passés de négociations échouaient.

bur-cf/fpp