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07/07/2015 04:14 EDT | Actualisé 07/07/2016 05:12 EDT

Nucléaire iranien: la négociation se tend, des questions toujours «très difficiles»

ASSOCIATED PRESS
German Foreign Minister Frank-Walter Steinmeier, left, French Foreign Minister Laurent Fabius, 3rd left, Chinese Foreign Minister Wang Yi, 4th left, European Union High Representative for Foreign Affairs and Security Policy Federica Mogherini, centre row, right, U.S. Secretary of State John Kerry, 4th right, British Foreign Secretary Philip Hammond, 3rd right, and Russian Foreign Minister Sergey Lavrov, right, meet at an hotel in Vienna, Austria Monday, July 6, 2015. Iran's foreign minister Mohammad Javad Zarif said on Monday some differences still remained between Iran and six powers over the country's disputed nuclear programme ahead of Tuesday's deadline for a final agreement to end a 12-year-old dispute. (Carlos Barria/Pool Photo via AP)

La négociation sur le nucléaire s'est brusquement tendue mardi à Vienne, l'Iran et les grandes puissances butant toujours sur des questions «très très difficiles», au point de prolonger de nouveau leurs tractations pour «quelques jours» et tenter d'arracher enfin un accord historique.

Après onze jours de discussions acharnées dans la capitale autrichienne, rien ne semble joué et l'accord se dérobe toujours, tant les points d'achoppement persistent, selon les différentes parties.

Des questions encore «très très très difficiles» restent à régler, a estimé mardi soir un haut responsable occidental, chaque partie faisant passer des messages dramatiques ou conciliants dans ce qui semble s'annoncer comme le rush final.

Les négociations, qui étaient censées s'achever ce mardi, ont été finalement prolongées «de quelques jours», mais les grandes puissances et l'Iran semblent avoir une appréciation différente de cette notion.

«On touche à la fin. On vient de procéder à une ultime prolongation. On voit mal pourquoi et comment nous irions au-delà : ou ça marche dans les 48 h, ou pas», a martelé une source proche des négociations, tandis qu'un haut responsable occidental affirmait que les discussions ne pouvaient pas être «infinies».

«Si les autres ont une date butoir, ce n'est pas notre problème», a rétorqué le négociateur iranien Abbas Araghchi. «Nous sommes prêts à rester à Vienne autant que nécessaire, prêts à prolonger jour après jour les discussions», a-t-il ajouté sur les télévisions iraniennes.

Réunions tendues

L'interminable négociation sur le nucléaire iranien, entamée il y a des années mais réellement lancée en novembre 2013, est censée aboutir à un accord historique garantissant que Téhéran ne cherchera pas à se doter de la bombe atomique, en échange d'une levée des sanctions contre son économie.

Depuis 2013, un accord provisoire entre les grandes puissances et l'Iran a été renouvelé déjà deux fois, et un accord cadre, devant servir d'architecture au texte définitif, a été conclu dans la douleur à Lausanne en avril dernier.

Les discussions de Vienne sont censées être les dernières.

Depuis le début de la semaine, les chefs de la diplomatie du P5+1 (États-Unis, Grande-Bretagne, Russie, Chine et Allemagne), venus à Vienne pour peser de tout leur poids dans la balance, ont enchaîné les réunions. Entre eux, et avec leur homologue iranien Mohammad Javad Zarif, toujours souriant mais redoutable négociateur.

Mais sans percée jusqu'à présent, le chef de la diplomatie russe Serguei Lavrov évoquant même «sept ou huit points» toujours en suspens.

«Il y a un certain nombre de questions. Il faudra des marchandages et des décisions difficiles de part et d'autre», a estimé son homologue britannique Philip Hammond.

Les échanges semblent avoir été parfois houleux. «Il y a eu des tensions», selon le Français Laurent Fabius, «cela a parfois été dur», a confié la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini.

La plupart des ministres du P5+1 sont repartis mardi soir de Vienne, où ils devraient revenir mercredi soir pour de nouvelles séances de discussions nocturnes.

Embargo sur les armes

Les points d'achoppement restent toujours les mêmes, avec une acuité différente suivant les périodes. Ils concernent essentiellement la durée d'un accord, les sanctions contre l'Iran, et la «possible dimension militaire» (PMD) du programme nucléaire iranien, selon M. Fabius.

Dans le volet «sanctions», Sergueï Lavrov a confié mardi que la question de l'embargo sur les armes frappant l'Iran demeurait un «problème majeur».

L'Iran demande la fin des sanctions sur les armes adoptées par le Conseil de sécurité de l'Onu, a confirmé mardi Abbas Araghchi à la télévision d'Etat.

«Les pays du 5+1 doivent changer d'approches sur les sanctions s'ils veulent un accord», a-t-il ajouté.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté en 2010 une résolution interdisant la vente à l'Iran d'armes (telles que chars de combat, hélicoptères d'attaque, navires de guerre, missiles et lanceurs de missiles...) et prohibant les activités balistiques de Téhéran.

«Les restrictions sur les armes et les missiles» seront maintenues dans le cadre d'un éventuel accord, a cependant déclaré mardi soir un officiel américain.

La levée des restrictions sur les armes et les missiles dans un accord serait difficile à faire passer, compte tenu du contexte régional, et de l'implication iranienne dans plusieurs conflits, notamment en Syrie ou en Irak.

Un autre point de blocage concerne la PMD, la possible dimension militaire du programme nucléaire iranien au moins jusqu'en 2003, sur laquelle l'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA) veut faire toute la lumière.

La communauté internationale réclame l'accès aux sites, documents et scientifiques qui pourraient avoir été impliqués dans ce programme, ce que Téhéran refuse, assurant n'avoir jamais voulu se constituer un arsenal nucléaire militaire.

Un échec de la négociation ruinerait près de deux ans d'efforts destinés à apurer un contentieux qui empoisonne les relations internationales depuis plus de douze ans.

«Nous n'avons jamais été aussi proche d'un accord... et pourtant nous ne sommes pas au point où nous devrions être», a déploré le haut responsable américain, estimant que ce serait «une tragédie» si tous les mois passés de négociations échouaient.

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