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07/07/2015 04:24 EDT | Actualisé 07/07/2016 01:12 EDT

Lesotho: la famille du général abattu accuse l'Afrique du Sud

La famille de l'ex-chef d'état-major du Lesotho abattu fin juin par des militaires, a accusé mardi le vice-président sud-africain Cyril Ramaphosa d'être responsable de la dégradation de la situation sécuritaire du pays ces derniers mois.

"M. Ramaphosa n'a manifesté aucun intérêt pour la résolution de la crise sécuritaire. S'il n'avait pas négligé ça, tout le monde sait que la situation ne serait pas la même aujourd'hui", a déclaré à l'AFP Nqosa Mahao, frère du général tué et porte-parole de sa famille.

"Nous nous demandons si cette fois, les problèmes seront résolus de manière significative", a-t-il ajouté, alors la mort de son frère a provoqué un inquiétant regain de tensions, au Lesotho.

Le vice-président sud-africain est venu à maintes reprises à Maseru, après un coup d'Etat manqué en août 2014, supervisant les efforts de retour à la normale parrainés par la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC).

Outre la tenue d'élections anticipées fin février, la SADC avait recommandé que le principal protagoniste du coup d'État raté, le général Tlali Kamoli, soit mis à l'écart, de même que son rival, le général Maaparankoe Mahao.

Mais M. Kamoli a été réinstallé comme chef de l'armée après les élections et le changement de gouvernement, sans que la SADC ou l'Afrique du Sud ne réagisse.

D'après l'ONG Transformation Ressource Centre, son retour s'est accompagné d'une purge sanglante visant des dizaines de militaires accusés de comploter une mutinerie notamment avec le défunt Mahao. Et l'ancien Premier ministre Thomas Thabane a fui en exil au mois de mai.

Le général Mahao doit être enterré samedi. L'enterrement a été retardé pour permettre son autopsie par des médecins légistes de la SADC dans le cadre d'une commission d'enquête indépendante qui a deux mois pour rendre son rapport.

La famille a d'ores et déjà annoncé qu'elle refusait la présence de membres de l'armée ou du gouvernement lors des funérailles.

Interrogé mardi par l'AFP, le ministre de la défense du Lesotho, Tseliso Mokhosi a assuré que le pays n'avait aucun problème de sécurité.

Selon lui, la mort du général Mahao "n'est pas le signe de menaces sécuritaires dans ce pays". "Onze jours sont passés depuis sa mort et le pays est toujours stable" a t-il assuré.

Le général Mahao était un proche de l'ancien premier ministre Thomas Thabane aujourd'hui réfugié au Botswana.

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