NOUVELLES
07/07/2015 10:46 EDT | Actualisé 07/07/2016 01:12 EDT

Le président de la Tunisie déclare l'état d'urgence après l'attentat de Sousse

TUNIS, Tunisie — Le président de la Tunisie a déclaré l'état d'urgence, samedi, une semaine après l'attaque meurtrière d'un complexe hôtelier de la ville balnéaire de Sousse, affirmant que le pays risquait l'effondrement s'il devait subir d'autres attaques extrémistes.

Dans un discours à la nation télévisé, le président Béji Caïd Essebsi a officiellement réintroduit des mesures de sécurité qui étaient levées depuis mars 2014.

«Une situation exceptionnelle exige des mesures exceptionnelles», a-t-il dit, tout en promettant de respecter la liberté d'expression.

Cette décision survient tout juste une semaine après qu'un terroriste a fait irruption sur une plage, armé d'un fusil d'assaut, et tué 38 personnes, des touristes étrangers pour la plupart. L'assaillant a été tué par la police. Le groupe armé État islamique a revendiqué la responsabilité de l'attentat, qui risque de nuire grandement à l'industrie touristique du pays.

Le président a indiqué que l'état d'urgence serait en vigueur pendant au moins 30 jours.

«La Tunisie fait face à de graves dangers et elle doit prendre toutes les mesures possibles pour maintenir la sécurité, a-t-il déclaré. Comme on le voit dans d'autres pays, si des attaques comme celle de Sousse se reproduisent, le pays va s'effondrer.»

Le président a blâmé le chaos qui prévaut en Libye, le pays voisin, et le manque de volonté internationale pour lutter contre le groupe armé État islamique dans la région. Il a affirmé que son pays avait été spécifiquement visé par l'organisation extrémiste parce qu'il fonctionne en démocratie laïque.

L'attentat du 26 juin à Sousse est le deuxième perpétré dans des zones touristiques de la Tunisie, après celui du Musée du Bardo à Tunis, qui avait fait 24 morts, dont les deux assaillants, en mars.

Le gouvernement a promis de nouvelles lois pour renforcer les pouvoirs de la police et infliger des peines plus sévères aux terroristes condamnés. Immédiatement après l'attaque de Sousse, le premier ministre s'est engagé à déployer des gardes armés dans les lieux touristiques et à faire fermer les mosquées qui ne se conforment pas à la loi.

Le gouverneur de Sousse et les responsables de la sécurité dans la région ont été congédiés, tout comme un haut responsable du gouvernement dans la ville d'origine du tireur, selon le bureau du premier ministre.

La Tunisie a imposé l'état d'urgence à partir du Printemps arabe, en janvier 2011, jusqu'à mars 2014. Les citoyens devaient notamment respecter un couvre-feu et ne pouvaient se rassembler par groupes de plus de trois personnes. Ces mesures ont été assouplies, mais la police et l'armée ont retenu certains pouvoirs pour intervenir en cas de soulèvement ou pour des raisons de sécurité.

Bouazza Ben Bouazza et Lori Hinnant, The Associated Press