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07/07/2015 00:45 EDT | Actualisé 06/07/2016 01:12 EDT

Le n°1 du PC vietnamien à la Maison Blanche, une première

Le numéro 1 du Parti communiste vietnamien est reçu mardi par Barack Obama dans le Bureau ovale, une rencontre sans précédent qui ne fait pas l'unanimité, des élus déplorant que cet honneur soit accordé au dirigeant d'un parti unique.

Quarante ans après la chute de Saïgon et 20 ans après le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux anciens ennemis, le président des Etats-Unis pourrait profiter de cette rencontre avec Nguyen Phu Trong, secrétaire général du Parti communiste vietnamien (PCV), pour annoncer un déplacement prochain au Vietnam.

L'ancien président Bill Clinton, qui a normalisé les relations avec le Vietnam, avait effectué, en l'an 2000, une visite de réconciliation historique sur place.

L'administration Obama, qui a érigé l'Asie au rang de région-phare de sa politique étrangère affiche clairement son ambition de continuer à renforcer ses liens avec Hanoï.

Le Vietnam espère de son côté développer sa coopération économique mais aussi militaire avec les Etats-Unis au moment où les pays de la région accusent la Chine de faire preuve de plus en plus d'agressivité dans la gestion du conflit territorial en mer de Chine méridionale.

Dans une lettre ouverte au président, une dizaine d'élus du Congrès - démocrates et républicains - déplorent que Nguyen Phu Trong ait été invité à la Maison Blanche alors qu'il n'est ni chef d'Etat ni représentant d'un gouvernement élu.

"Ce système autoritaire de parti unique est à l'origine de la situation déplorable des droits de l'homme au Vietnam", soulignent-ils, appelant M. Obama a réclamer la libération immédiate de nombre de prisonniers politiques qui purgent de longues peines simplement pour avoir exprimé "pacifiquement leurs opinions".

"Ce n'est pas une rencontre classique pour le président", reconnaît un haut responsable américain, tout en soulignant que le chef du parti communiste est le véritable homme fort de son pays et que cette rencontre est importante pour renforcer les liens avec Hanoï.

- 'Récompense imméritée' -

John Sifton, chargé de l'Asie au sein de l'organisation Human Rights Watch (HRW), juge de son côté que le Vietnam a trop peu évolué au cours des mois écoulés "pour mériter la récompense que constitue une rencontre dans le Bureau ovale".

Il reconnait que M. Obama a, à plusieurs reprises, soulevé en public la question des prisonniers politiques. "Le problème est que ces messages ne sont pas suivis d'effet", déplore-t-il, appelant le président américain à "hausser le ton".

La question de l'embargo sur les armes devrait faire partie des sujets abordés par les deux hommes. En octobre, Washington a annoncé sa levée partielle en autorisant des ventes au Vietnam d'équipements de défense pour sa sécurité maritime, tels que des bateaux-patrouilleurs armés.

Toute autre livraison d'armes au régime communiste reste à ce jour prohibée. "Nous avons dit aux Vietnamiens que nous serions très attentifs aux progrès sur les droits de l'homme avant de prendre d'autres décisions sur cet embargo", explique un haut responsable du département d'Etat.

Les négociations sur le "Partenariat transpacifique" (TPP), vaste projet de libre-échange que M. Obama espère conclure d'ici la fin de son mandat dans 18 mois, seront également au menu des discussions.

jca/tll