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07/07/2015 13:16 EDT | Actualisé 07/07/2016 01:12 EDT

La délégation grecque arrive à Bruxelles sans nouvelles propositions

BRUXELLES - Même si leur pays vacille au bord d'un gouffre financier, les négociateurs grecs se sont présentés mardi à Bruxelles sans les nouvelles propositions que leurs créanciers attendaient.La situation du premier ministre grec Alexis Tsipras est critique puisqu'une entente devra intervenir très rapidement pour empêcher les banques grecques d'imploser et le pays d'être possiblement éjecté de la zone euro.La situation de la Grèce s'est aggravée un peu plus lundi quand la Banque centrale européenne a refusé d'augmenter son aide aux banques grecques, qui ne doivent rouvrir leurs portes que jeudi au plus tôt.Une rencontre des ministres des Finances organisée à la hâte — et à laquelle participera le nouveau ministre grec des Finances, Euclid Tsakalotos — a eu lieu en après-midi. Un sommet des leaders suivra au cours des prochaines heures.Le premier ministre néerlandais Mark Rutte, un allié étroit de la chancelière allemande Angela Merkel, est arrivé à Bruxelles porteur d'un message sans équivoque: l'Europe ne pourra aider les Grecs que s'ils veulent être aidés.«(Je suis) très pessimiste concernant ce sommet. Je suis aussi pessimiste quant à savoir si la Grèce veut vraiment arriver avec des propositions, avec une solution», a-t-il dit.M. Rutte a refusé de dire si la Grèce pourrait bientôt devoir quitter la zone euro.«Je suis à la table aujourd'hui pour assurer que l'intégrité, la cohésion et les principes qui sous-tendent la monnaie unique sont protégés, a-t-il ajouté. Il revient vraiment au gouvernement grec de déposer des propositions à long terme. S'ils ne font pas ça, je pense que ça va se terminer rapidement.»La Grèce exige notamment que les conditions de son programme de renflouement soient assouplies, ce sur quoi les dirigeants européens n'arrivent pas à s'entendre. La semaine dernière, le Fonds monétaire international a demandé aux nations européennes d'accepter des périodes de remboursement plus longues et des taux d'intérêt plus faibles en ce qui concerne leurs prêts à la Grèce.La Grèce pourrait proposer dès mercredi de faire appel au mécanisme européen de stabilité, le programme de renflouement de l'Europe.Plusieurs économistes disent que le fardeau de la dette grecque, qui atteint 180 pour cent du PIB annuel, est insupportable pour un pays de cette taille.L'économie grecque est essentiellement paralysée par la crise. Les petites entreprises, qui n'ont plus accès aux cartes de crédit ou à leurs comptes bancaires, doivent se fier aux transactions en liquide effectuées avec leurs clients, qui eux refusent de se départir des euros qu'ils ont en poche. Les fournisseurs demandent eux aussi d'être payés sur le champ.Le premier ministre espagnol Mariano Rajoy a déclaré tard lundi que la Grèce, si elle veut demeurer au sein de la zone euro, doit mettre en place des réformes qui relanceront l'économie et rembourseront sa dette. M. Tsipras a déjà dit qu'il serait prêt à augmenter les impôts et à réduire les dépenses pour obtenir un soulagement de la dette de son pays.