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07/07/2015 06:14 EDT | Actualisé 07/07/2016 01:12 EDT

GB: le gouvernement Cameron présente mercredi un budget 100% conservateur

Le gouvernement Cameron présentera mercredi un budget 100% conservateur marqué par des économies sur les prestations sociales, deux mois après une réélection triomphale qui lui permet désormais de gouverner sans l'appui des libéraux-démocrates.

Conforté par un résultat inespéré lui ayant donné la majorité absolue lors du scrutin du 7 mai, le gouvernement souhaite présenter un budget rectificatif aux accents très politiques après le budget présenté en mars pour l'exercice d'avril 2015 à mars 2016.

Même si aucune annonce révolutionnaire n'est attendue, l'occasion est symbolique: c'est la première fois depuis l'époque de John Major, il y a près de 20 ans, que les conservateurs peuvent présenter librement leur vision de la société au prisme des finances publiques.

Lors de son premier mandat (2010-2015), David Cameron avait en effet dû faire des concessions à ses partenaires libéraux-démocrates, des centristes soucieux d'adoucir certains effets de la politique d'austérité budgétaire destinée à assainir les comptes publics.

Aujourd'hui, la priorité est encore aux économies face à une dette de 1.500 milliards de livres (2.100 milliards d'euros), avec un déficit public attendu jusqu'à présent à 4,0% du produit intérieur brut en 2015-2016. Mais les conservateurs veulent dans le même temps baisser la pression fiscale et s'attaquer à la prolifération des aides sociales, accusées d'encourager une culture de l'assistanat.

Le chancelier de l'Échiquier George Osborne a ainsi promis 12 milliards de livres (près de 17 milliards d'euros) d'économies en taillant dans les dépenses sociales. Il devrait détailler mercredi la façon dont il entend s'y prendre mais a déjà esquissé des pistes.

Les allocations diverses seront ainsi limitées à un maximum annuel de 23.000 livres (32.000 euros), contre 26.000 livres aujourd'hui, par ménage à Londres. Cette somme sera plus basse encore en dehors de la capitale.

- Haro sur l'évasion fiscale -

La logique est économique mais aussi politique: "Il n'est pas juste que les gens qui ne travaillent pas puissent gagner plus que les gens qui travaillent", a expliqué George Osborne dimanche sur la BBC.

Cette dernière devrait également être mise à contribution: le gouvernement a l'intention de lui faire désormais supporter le coût de l'exemption de redevance télévisuelle pour les plus de 75 ans, soit une facture de 650 millions de livres par an.

"La BBC est aussi une institution financée par le public donc elle doit faire plus d'économies", a indiqué George Osborne.

Autre piste évoquée: réduire l'aide au logement pour ceux qui gagnent le plus.

Ces annonces interviennent dans un climat économique plutôt favorable, avec une prévision officielle de croissance à 2,5% cette année et 2,3% en 2016.

"L'économie britannique jouit d'un mélange enviable de croissance convenable, inflation basse et chômage en chute", observe Ian Stewart, économiste chez Deloitte.

Mais "les difficultés demeurent et les deux tâches cruciales pour les conservateurs durant cette législature sont d'éliminer le déficit budgétaire et de ranimer la productivité", ajoute-t-il.

George Osborne est en effet attendu au tournant sur ce dernier point, à propos duquel le Royaume-Uni est à la traîne.

A la veille de la présentation du budget, le ministre a aussi promis mardi d'assouplir les règles sur l'ouverture des magasins le dimanche - aujourd'hui limitée à six heures. Les autorités municipales auront en effet le pouvoir de les laisser ouvrir plus longtemps.

"Il y a clairement un appétit croissant pour les courses le dimanche" et "la hausse du shopping sur internet, qui peut se faire à toute heure, signifie aussi que plus de commerçants veulent pouvoir être compétitifs en ouvrant plus longtemps le week-end", a-t-il fait valoir.

Enfin, George Osborne devrait encore s'en prendre à l'évasion fiscale, une thématique qui séduit à droite comme à gauche.

Il pourrait peut-être remettre en cause le statut fiscal "non-dom" permettant à certains résidents britanniques de conserver une domiciliation fiscale à l'étranger et ainsi de ne pas payer d'impôts sur les revenus réalisés en dehors du pays. Cette règle vieille de 200 ans profite notamment à de riches patrons étrangers ou encore aux oligarques russes, nombreux à vivre à Londres.

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