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07/07/2015 12:37 EDT | Actualisé 07/07/2016 01:12 EDT

France: décès d'un migrant dans le tunnel sous la Manche où les tentatives d'intrusion se multiplient

Un clandestin est décédé mardi dans le tunnel sous la Manche, en tentant de rallier la Grande-Bretagne depuis la France, un accident qui intervient alors que les tentatives d'intrusions se sont multipliées ces dernières semaines.

Survenu en fin de nuit, le drame, qui fait suite à plusieurs décès accidentels de migrants sur les côtes françaises, a fortement perturbé durant toute la matinée le trafic du tunnel, qui n'est revenu à la normale que dans l'après-midi, selon Eurotunnel.

"Pour le moment, on suppose qu'il a voulu monter dans la navette qu'il a ratée et qu'il a été percuté par le train lui-même", a expliqué à l'AFP le directeur local de la police aux frontières (PAF), Patricio Martin.

L'identité de ce migrant était inconnue dans l'immédiat, mais il n'était pas seul. Pas moins d'une quarantaine de personnes, originaires d'Afrique noire, ont tenté comme lui de rallier la Grande-Bretagne, avant d'être évacués.

Les tentatives d'intrusion se multiplient depuis des semaines sur le site sécurisé d'Eurotunnel, à Calais (nord de la France), où des centaines de migrants affluent périodiquement dans l'espoir de trouver un passage vers la Grande-Bretagne. Mais la plupart du temps, ils sont repérés par les forces de l'ordre avant le départ des convois.

Les camions qui embarquent à bord de ferries dans le port de Calais sont également l'objet de ces tentatives mais actuellement les migrants "se reportent beaucoup sur le tunnel", a expliqué M. Martin. Des accidents mortels ont déjà eu lieu par le passé.

Ainsi le 5 avril 2009, un clandestin, probablement tombé d'un camion, avait été découvert mort dans le tunnel qui mesure environ 50 kilomètres, dont 39 sous la Manche.

Le 26 juin, un migrant originaire d'Ethiopie avait trouvé la mort aux abords du tunnel, en tentant de monter dans une navette. L'homme, qui essayait semble-t-il de monter sur un train en marche, avait été projeté sur un pylône en béton.

Dans la nuit du 29 au 30 juin, une femme a perdu la vie sur l'autoroute desservant Calais alors qu'elle tentait de pénétrer dans un camion pour passer en Grande-Bretagne avec deux amies, portant à trois le nombre de décès de ce type au mois de juin, selon l'association Passeurs d'hospitalités.

-Pression migratoire-

La pression migratoire est très forte sur Calais. La préfecture évalue à environ 3.000 le nombre de migrants, essentiellement Érythréens, Éthiopiens, Soudanais et Afghans.

Leurs conditions de vie dans un bidonville poussé sur une ancienne décharge sauvage "sont absolument inédites en Europe, ne respectant même pas les normes des Nations Unies (Haut commissariat aux réfugiés et Organisation mondiale de la santé)", ont dénoncé des ONG françaises le mois dernier.

Dans la nuit de vendredi à samedi, quelque 150 migrants ont tenté de s'introduire sur les quais d'embarquement des navettes, avant d'être repoussés à l'extérieur.

Mardi, après l'accident, un des six intervalles du tunnel a été fermé pour les besoins de l'enquête, mais le trafic n'a pas été interrompu.

Eurotunnel a indiqué sur son compte Twitter que la navette impliquée dans l'accident avait été ramenée vers une gare côté français, pour la poursuite de l'enquête.

L'intégralité du tunnel a été rouvert à la mi-journée, et le trafic était redevenu normal dans l'après-midi, a indiqué l'opérateur vers 15H00 GMT.

A la suite du drame, une longue file d'attente s'était formée en fin de matinée au terminal d'embarquement du fret et plus de 2 km de poids lourds se sont retrouvés bloqués sur l'autoroute menant de Dunkerque au tunnel et sur les rampes d'accès de ce dernier.

Beaucoup de migrants en ont profité pour tenter de pénétrer dans les remorques des camions à l'arrêt, alors que de nombreux policiers surveillaient la rocade, a constaté un correspondant de l'AFP.

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