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07/07/2015 06:38 EDT

Essai routier de la Ford Mustang GT cabriolet 2015: «muscle car» nouvelle génération (VIDÉO/PHOTOS)

Vous l’attendiez, moi aussi. Il faut dire que quand on s’appelle Ford Mustang, on a une horde d’admirateurs qui se présentent chaque fois que l’on fait une apparition publique. Imaginez alors lorsque les dirigeants de Ford ont confirmé leur intention de la renouveler complètement, les fans ont gardé les dents serrées durant de longs mois.

Mais voilà qu’arrive la voiture, et que, malgré d’importants changements, elle ne déçoit pas. Bien au contraire, elle est probablement la meilleure des Mustang construites depuis sa naissance en 1964.

Il n’y a pas longtemps nous avons livré nos impressions de la Ford Mustang GT Coupé, le moment était maintenant venu d’évaluer la version cabriolet, un modèle qui risque d’être pratiquement aussi populaire que à la version à toit fixe.

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Cela dit, permettez-moi d’évacuer tout de suite le principal point de discorde, du moins dans mon cas. Je ne sais si je suis trop conservateur, ou si mon grand âge me rend trop nostalgique, mais j’ai une fâcheuse tendance à vouloir respecter le look du modèle original, tout en le modernisant. Surtout dans le cas des «Muscle Car».

Or, la nouvelle Mustang, qu’elle soit le modèle coupé ou le cabriolet, dans un souci de modernisation et de mondialisation, a pris une toute nouvelle allure. Elle a conservé son logo et ses feux arrière faciles à reconnaître, même de loin, mais elle affiche une nouvelle courbe de toit plus arrondie, et un capot qui s’étire loin vers l’avant, pour se terminer sur une calandre diminuée et plus réduite en dimensions. Bref, on a voulu européaniser le look de la Mustang pour lui offrir un nouveau marché, mais on l’a un peu défigurée. Du moins à mon sens.

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Évidemment, ces changements sont tout aussi évidents à l’avant sur une version cabriolet, mais la ligne de toit semble considérablement moins affectée. Malgré tout l’ensemble n’a pas l’allure «bad boy» des générations précédentes.

Ne nous méprenons pas. Elle est jolie, et a une allure plus sportive que jamais. Pour moi cependant, le nom Mustang restera à jamais accolé à une voiture au style macho et robuste. La Mustang 2015 est plus délicate, du moins en apparence.

Affaire de moteur

Comme c’est toujours le cas, il faut toujours regarder au-delà des apparences. Sous le capot, notre Mustang d’essai était muni du V8 5,0 litres de 435 chevaux, un monstre de puissance et de sonorité. Dès que l’on appuie avec une certaine insistance sur l’accélérateur, il rugit avec vigueur, procurant des frissons au conducteur avec sa poussée impressionnante. Ses 400 livres-pied de couple font de lui un agrément spectaculaire en conduite de tous les jours, mais permettent aussi des petits plaisirs sportifs si on décide de l’amener sur une piste.

Note intéressante, la voiture est munie d’un mode Piste qui améliore ses capacités, favorisant une meilleure réponse de l’accélérateur et désactivant les systèmes de sécurité autrement indispensables.

Dans le même état d’esprit, il est possible d’adapter le volant en mode confort pour une plus grande souplesse ou en mode sport pour une réponse plus directe et plus dynamique.

Le grand changement de la Ford Mustang, outre son châssis plus rigide, c’est sans conteste les suspensions. Ici, les puristes ont grincé des dents à l’annonce de la mise en place d’une suspension indépendante aux quatre roues, en remplacement de l’essieu rigide utilisé depuis 1964. Il faudrait être un masochiste fini cependant pour ne pas apprécier les avantages de la nouvelle suspension.

En randonnée normale, elles affichent un confort remarquablement efficace en comparaison à l’ancienne génération. En mode dynamique, malgré la lourdeur du gros V8, les nouvelles suspensions sont fermes à souhait, et capables de maitriser toutes vos ambitions de pilote de course. Notons aussi que les suspensions avant ont été modernisées, ce qui contribue à cette stabilité.

L’intérieur de la nouvelle Ford Mustang 2015 est plus moderne tout en incorporant plusieurs touches rétro. Les sièges de série vous garderont en place dans n’importe quelle courbe tout en étant particulièrement élégants, en plus d'offrir un support incomparable, peu importe votre taille (dis-je en connaissance de cause). La console centrale est dotée d’un écran central tactile de 8,4 pouces optionnel intégrant le bon vieux système SYNC de Ford. Si vous avez déjà un véhicule de la marque américaine, vous n’aurez aucune difficulté à vous retrouver à l’intérieur du système d’infodivertissement.

L’ergonomie dans son ensemble est bien réussie tandis que l’espace offert aux passagers à l’avant est accueillant. Cependant, les places arrière sont toujours aussi étriquées et leur accès est difficile. La Ford Mustang 2015 demeure encore et toujours une voiture qui sied mieux à un couple qu’à une jeune famille. Mais ça, vous le saviez déjà.

La version cabriolet ajoute un toit de toile solide et bien doublé, ce qui permet de rouler le toit fermé et de profiter d’une quiétude plus grande qu’on ne pourrait le penser. Pour le retirer, il suffit de déclencher une petite poignée et d’appuyer sur un bouton pour les quelques secondes que dure le mouvement. Le tout se fait sans effort et sans trop attendre. Heureusement d’ailleurs puisque j’ai eu à affronter une averse soudaine, et la semi-rapidité d’exécution du système m’a permis de m’en tirer honorablement tout en préservant ma coiffure de trop d’humidité!

La lourdeur du système de toit ne se fait pas trop sentir non plus en conduite plus dynamique, alors que les suspensions absorbent avec aisance tous les transferts de poids. Pour le reste, le cabriolet demeure une véritable dont on peut plus aisément apprécier la sonorité, le toit abaissé.

Alors qu’en mode coupé, on aura tendance à adopter la boîte manuelle pour le plaisir du contrôle et de la conduite, la version cabriolet est mieux adaptée à la boîte automatique dont les rapports montent et baissent avec une efficacité digne de mention. Les véritables maniaques apprécieront les palettes au volant qui permettent de manipuler la boite à notre guise, mais il faut bien avouer que la conduite toit baissé se tourne davantage du côté confort et paresse. On laissera alors la boîte se débrouiller par elle-même.

En matière de consommation, la Mustang GT n’est pas un modèle de frugalité. Il est vrai qu’à vitesse d’autoroute et en faisant attention en ville, il est facile de réduire la moyenne à 11 litres aux 100 kilomètres en moyenne, mais il faut peu d’efforts pour hausser cette consommation à plus de 15 litres aux 100 km (et plus si on se donne la peine d’insister un peu).

Conclusion

Quand j’ai pris la route avec la nouvelle Ford Mustang décapotable, je l’avoue, j’avais un petit frisson d’anticipation. On a beau dire que le look nous satisfait moins, une icône demeure une icône et je ressens toujours comme un privilège le plaisir de conduire ce genre de voiture. Privilège qui ne m’a d’ailleurs pas déçu: la Ford Mustang 2015 est digne de la longue hérédité qui la caractérise.

Source: LuxuryCarMagazine.com