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07/07/2015 12:35 EDT | Actualisé 07/07/2016 01:12 EDT

Ebola a "mis en lumière les défaillances organisationnelles" de l'OMS (experts)

La crise sanitaire liée au virus Ebola a "mis en lumière des défaillances organisationnelles" de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui doit procéder à des "changements fondamentaux" pour faire face aux prochaines crises, juge un rapport d'experts publié mardi.

L'épidémie Ebola qui s'est déclenchée en décembre 2013 en Guinée n'a été déclarée "urgence de santé publique" qu'en août 2014 par l'OMS, ce qui est en partie à l'origine de la propagation du virus à la Sierra Leone et au Liberia, causant au total le décès de plus de 11.000 personnes, note le rapport.

"L'OMS doit rétablir sa prééminence en tant que gardien de la santé publique mondiale", ce qui "va nécessiter des changements fondamentaux au sein de l'OMS" et "particulièrement au niveau de la direction et des processus de décision", conclut ce rapport rédigé par un panel d'experts présidé par Barbara Stocking, l'ancienne directrice d'Oxfam au Royaume-Uni.

"L'OMS n'a pas actuellement la capacité ou la culture organisationnelle pour apporter une réponse complète à une situation d'urgence de santé publique", juge encore ce rapport très critique.

Il note que l'organisation a "tendance à adopter une approche réactive plutôt que proactive aux situations d'urgence" et n'a pas su réagir aux alertes émises par son personnel expérimenté sur le terrain.

Ces experts recommandent la création d'un centre unique de réponse et de préparation aux urgences sanitaires.

Ils appellent également à l'accroissement des financements de l'OMS, via une augmentation de 5% des contributions régulières des 194 états membres ainsi que le financement d'un fonds de gestion d'urgence de 100 millions de dollars (92 millions d'euros).

"Vous ne pouvez pas attendre d'une organisation de gérer de plus en plus d'épidémies mondiales tout en ayant un budget en baisse", a regretté Barbara Stocking.

Mais les experts s'en prennent également aux états membres en les accusant de ne pas avoir écouté les recommandations de l'OMS quand elle appelait à fermer les frontières ou à interrompre les vols transnationaux lorsque la crise du virus Ebola s'est déclenchée.

Outre la nécessaire réforme de l'agence onusienne, "il faudra aussi les moyens et la volonté politique des états membres pour faire de l'OMS une agence capable de remplir son mandat au XXIe siècle. Cette transformation doit avoir lieu d'urgence", conclut le rapport.

Saluant le rapport, l'OMS a rappelé que "l'épidémie d'Ebola était toujours en cours", ajoutant que "l'amélioration des méthodes de travail allait être intégrée à la gestion en temps réel".

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