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07/07/2015 10:56 EDT | Actualisé 07/07/2016 01:12 EDT

Deux bombes font au moins 51 morts dans le centre du Nigeria

JOS, Nigéria — Des attentats perpétrés par le groupe Boko Haram, visant tant des chrétiens que des musulmans, ont fait plus de 60 morts au Nigeria, notamment dans une mosquée reconnue pour prêcher la coexistence pacifique de toutes les confessions.

Dimanche soir, les militants ont fait exploser deux bombes dans la ville de Jos, dans le centre du Nigeria, soit une dans une mosquée bondée, et une dans un restaurant musulman huppé.

Quelques heures plus tôt, une kamikaze s'était donné la mort lors d'une cérémonie religieuse achalandée dans une église chrétienne de la ville de Potiskum, dans le nord-est du pays, tuant six personnes. Des extrémistes ont également frappé des villages dans le nord-est, incendiant 32 églises et environ 300 maisons. Ils avaient attaqué les mêmes villages trois jours plus tôt et avaient tué vingt-neuf personnes. 

Le président, Muhammadu Buhari a dénoncé ces attentats et assuré que le gouvernement défendrait le droit des Nigérians de pratiquer librement leur religion.

Il s'agit d'une nouvelle vague de violence par Boko Haram qui a fait quelque 300 morts au cours de la dernière semaine, vraisemblablement pour répondre à l'appel du groupe armé État islamique, qui a encouragé les extrémistes à commettre plus d'attaques durant le mois sacré du Ramadan. Plus tôt cette année, Boko Haram a porté allégeance à l'État islamique.

À Jos, les 51 personnes tuées par les deux explosions ont été enterrées lundi matin, a dit un avocat communautaire, Ahmed Garba. Soixante-sept autres personnes ont été blessées.

L'explosion à la mosquée Yantaya a eu lieu alors que l'imam Sani Yahaya s'adressait aux fidèles. M. Yahaya est le président national de l'organisation Jama'atu Izalatul Bidia, qui fait la promotion de la coexistence pacifique des religions.

Me Garba a affirmé que des hommes armés ont aussi ouvert le feu sur trois fronts sur la mosquée.

Danladi Sani, un survivant, a vu un homme vêtu de blanc viser M. Yahaya, avant de se faire exploser.

«(M. Yahaya) est une grande sommité islamique qui s'est prononcé publiquement contre Boko Haram. C'est pourquoi nous pensons qu'il était la cible», a expliqué M. Sani.

L'autre bombe ciblait le restaurant Shagalinku, qui accueille des gouverneurs d'État et des politiciens de premier plan.

Un client qui récupérait un repas pour emporter a entendu une énorme explosion après être sorti de l'établissement avec des amis.

«Le restaurant était détruit et nous avons vu plusieurs personnes couvertes de sang. Nous ne pouvons pas croire que nous y ayons échappé.»

La ville de Jos est un épicentre des violences, étant donnée sa position géographique, au centre du pays, entre le nord musulman et le sud majoritairement chrétien.

Ahmed Mohammed et Michelle Faul, The Associated Press