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07/07/2015 16:11 EDT | Actualisé 07/07/2016 01:12 EDT

Brésil : "Je ne vais pas tomber", dit Rousseff à ceux voulant sa destitution

La présidente du Brésil Dilma Rousseff, dont la popularité est au plus bas et dans une situation politique difficile, a minimisé, dans un entretien publié mardi, la possibilité d'être destituée, alors que l'opposition réclame son départ.

"Je ne vais pas tomber, non. Ce qui se passe est simple, c'est de la lutte politique. Les personnes tombent si elles sont disposées à tomber, moi je ne le suis pas", a affirmé la chef de l'Etat dans cet entretien publié par le quotidien Folha de Sao Paulo.

"Il n'y a pas de bases pour que je tombe. Et qu'ils essaient. S'il y a quelque chose dont je n'ai pas peur, c'est bien de ça", a ajouté la présidente, une ancienne guérillera emprisonnée et torturée sous la dictature militaire (1964-85).

Mme Rousseff, du Parti des travailleurs (PT-gauche), a estimé que ce désir de destitution "était le point de vue d'une opposition quelque peu +golpista+ (putschiste). Pour destituer un président de la République, il faut expliquer pourquoi".

Elle a été réélue en octobre avec une marge étroite de votes (51,6%) sur son adversaire Aecio Neves, du Parti de la sociale démocratie brésilienne (PSDB).

Ce dernier a évoqué la possibilité d'un départ de Mme Rousseff avant la fin de son mandat de quatre ans, sans spécifier clairement ni comment ni pourquoi.

"Aujourd'hui une grande partie du Brésil attend notre position. C'est pourquoi elle sera responsable", a déclaré dimanche Aecio Neves après avoir été réélu président du PSDB.

Certains secteurs du PSDB avaient évoqué la possibilité d'un processus "d'impeachment" (destitution) mais cette option a perdu de la force.

D'autres secteurs de l'opposition réclament également la sortie de Mme Rousseff, confrontée à une crise politique au sein de sa majorité.

Mais mardi, les partis de la coalition gouvernementale sont montés au créneau et ont soutenu la chef de l'Etat dans une lettre ouverte où ils expriment "leur profond respect envers la Constitution fédérale et leur irrémédiable engagement envers la volonté populaire exprimée dans les urnes et envers la légalité démocratique".

Moins de six mois après avoir entamé son second mandat, la présidente a vu sa popularité s'effondrer à 9% en raison du vaste scandale de corruption au sein du géant pétrolier Petrobras, qui éclabousse son Parti des Travailleurs, alors que l'économie tourne au ralenti et que l'inflation et le chômage sont en hausse.

"Vont-ils prouver que j'ai pris un seul centime? Je voudrais voir quelqu'un le faire. Tout le monde dans ce pays sait bien que non", a-t-elle dit.

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