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07/07/2015 07:08 EDT | Actualisé 07/07/2015 11:31 EDT

Dix ans après, le Royaume-Uni commémore les attentats de Londres (VIDÉO/PHOTOS)

Le 7 juillet 2005, quatre kamikazes ayant grandi au Royaume-Uni se faisaient exploser dans les transports en commun londoniens, fauchant 52 vies. Le pays leur rend hommage mardi, en y associant les 30 Britanniques morts récemment dans l'attaque de Port El Kantaoui en Tunisie.

Les commémorations ont débuté à Hyde Park avec le dépôt de plusieurs couronnes de fleurs devant le mémorial des attentats. Les deux premières ont été placées par le Premier ministre David Cameron et le maire de Londres Boris Johnson.

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Les auteurs des attentats ont "raté leur objectif", a déclaré ce dernier. "Londres est devenue encore plus cosmopolite, encore plus accueillante".

Sur le réseau Twitter, les londoniens postaient mardi des photos d'eux allant au travail dans le cadre de la campagne #WalkTogether (#MarchezEnsemble) pour honorer les victimes de ces attentats baptisés "7/7" au Royaume-Uni.

A 11H00, un service religieux était prévu en la cathédrale londonienne de Saint-Paul en présence de familles des victimes et rescapés. Les autorités ont appelé à une minute de silence dans l'ensemble du pays à 11H30 (10H30 GMT).

"Dix ans après les attentats de Londres, la menace terroriste continue d'être aussi réelle que mortelle, et le meurtre de 30 Britanniques innocents alors qu'ils se trouvaient en vacances en Tunisie en est un brutal rappel", a souligné David Cameron dans un communiqué.

Revendiquée par le groupe État islamique (EI) et perpétrée, selon les autorités tunisiennes, par Seifeddine Rezgui, un étudiant de 23 ans, l'attaque du 26 juin au sud de Tunis a fait au total 38 morts.

"Mais jamais nous ne battrons en retraite devant le terrorisme", a assuré le dirigeant conservateur, appelant à redoubler d'efforts contre la violence extrémiste et la propagande jihadiste.

Quatre kamikazes britanniques

Le jeudi 7 juillet 2005, à 08h50, trois islamistes britanniques déclenchent leurs bombes en l'espace de 50 secondes dans trois rames de métro. Un quatrième s'ensuit à 09H47, dans un autobus.

Outre les 52 morts, l'attaque fait 700 blessés. Le mentor du commando, Mohammed Sidique Khan, un Britannique d'origine pakistanaise, entendait "venger" ses "frères et sœurs musulmans" victimes à ses yeux d'"atrocités".

Dix ans après, témoins et survivants sont toujours hantés par les images de ces attentats, à l'instar de David Boyce, qui travaillait dans le métro ce jour-là.

"Il y avait des bouts de corps partout, des cadavres gisant tout le long du train", a-t-il raconté à l'AFP.

"La première personne que j'ai vue avait les deux jambes quasiment arrachées. Alors j'ai utilisé mes vêtements pour faire un garrot, j'ai surélevé ses jambes au-dessus du niveau du coeur (pour faciliter la circulation du sang, ndlr), je l'ai mise dans une position plus confortable et lui ai dit que les secours étaient en route".

"Nous n'aurions pas pu empêcher 7/7", a admis mardi dans un communiqué le patron des renseignements MI5 Andrew Parker, bien qu'il "reste vrai que nous contrecarrons la plupart des tentatives".

"Je dois la vie à des étrangers"

Lundi, une émouvante initiative a réuni une survivante, Gill Hicks, amputée des deux jambes, et Andrew Maxwell, un policier qui lui avait sauvé la vie en utilisant un brancard de fortune pour l'extraire d'une rame de métro.

"J'ai foi en l'humanité, en ses possibilités, en son rayonnement", a-t-elle déclaré, en rendant hommage à ceux qui ont fait preuve d'héroïsme ce jour-là. "Je dois la vie à des inconnus, à des gens qui n'ont jamais renoncé, qui ont risqué leur propre vie pour sauver la mienne".

S'ils ont profondément choqué l'opinion, les attentats du 7 juillet ont également entraîné une révision de la politique de sécurité nationale britannique, et notamment des procédures d'intervention des secours, critiqués à l'époque pour leur lenteur.

Mais le pays doit toujours répondre au défi que constituent les centaines de Britanniques radicalisés, partis combattre dans les rangs de groupes jihadistes, et à leur éventuel retour. Une menace latente qui a poussé le gouvernement à relever en août le niveau d'alerte de sécurité de "substantiel" à "grave".

Pour y répondre, le gouvernement Cameron entend renforcer son arsenal législatif avec notamment une loi controversée obligeant les opérateurs de téléphonie et fournisseurs d'accès internet à livrer à la police les données de clients.