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06/07/2015 10:46 EDT | Actualisé 06/07/2016 05:12 EDT

Nucléaire iranien: les négociateurs dos au mur

ASSOCIATED PRESS
U.S. Secretary of State John Kerry, right, during official talks with Iranian Foreign Minister Mohammad Javad Zarif, left, in Geneva, Switzerland, Saturday, May 30, 2015. Top U.S. and Iranian diplomats are gathering in Geneva this weekend, hoping to bridge differences over a nuclear inspection accord and economic sanctions on Tehran. (AP Photo/Susan Walsh, Pool)

Les négociateurs des grandes puissances et de l'Iran se trouvent dos au mur mardi, au dernier jour théorique des pourparlers pour trouver un accord historique sur le nucléaire iranien à Vienne, l'hypothèse d'une nouvelle prolongation étant de plus en plus probable.

Après dix jours de négociations acharnées dans la capitale autrichienne, les négociations butent toujours sur des questions "décisives", et la possibilité d'un "échec" ne peut être exclue, a confié une source diplomatique allemande.

Pour conjurer un tel scénario, qui ruinerait près de deux ans d'efforts destinés à apurer un contentieux qui empoisonne les relations internationales depuis plus de douze ans, la Maison Blanche, tout comme l'Iran, n'ont pas exclu lundi une nouvelle prolongation des négociations.

"Je dirais que c'est tout à fait possible", a déclaré Josh Earnest, porte-parole du président américain Barack Obama, interrogé sur un possible "glissement" du calendrier par rapport à cette échéance.

Initialement fixée au 30 juin, la date-butoir a été repoussée au mardi 7 juillet, d'un commun accord entre l'Iran et le pays de P5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne).

Un nouveau report, même de quelques heures, nécessiterait de prolonger mardi une nouvelle fois l'accord intérimaire qui sert de cadre aux négociations depuis novembre 2013, et qui prévoit une suspension partielle des sanctions frappant l'Iran ainsi que le gel d'une partie de ses activités nucléaires.

L'accord recherché vise à s'assurer que le programme nucléaire de Téhéran ne peut avoir de débouchés militaires, en échange d'une levée des sanctions internationales qui étouffent l'économie du pays depuis des années.

La République islamique a toujours nié avoir poursuivi ou poursuivre des objectifs nucléaires militaires. Mais Téhéran revendique son droit à exploiter une filière nucléaire civile complète, y compris l'enrichissement d'uranium.

- 'Nous n'y sommes pas encore' -

L'Iran, comme les grandes puissances, ont exprimé leur volonté d'aboutir, tout en refusant de souscrire à un "mauvais accord".

"Nous n'y sommes pas encore. Nous ne devrions pas sous-estimer le fait que d'importantes questions ne sont pas réglées. S'il n'y a pas de mouvement concernant ces questions décisives, un échec ne peut être exclu", a déclaré la source allemande.

Lundi, tous les ministres des pays parties prenantes au dossier se sont retrouvés en réunions plénières, pour la première fois de ce round final de négociations. Sans toutefois pouvoir annoncer la "percée" espérée.

Malgré la conclusion d'un accord-cadre à Lausanne en avril, les chefs de la diplomatie américaine John Kerry et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif, qui n'ont guère quitté la table des négociations ces derniers jours, ne sont pas parvenus à aplanir tous les différends.

Un officiel iranien n'a pas exclu que les négociations puissent aller au-delà du 9 juillet, date à laquelle un accord doit être présenté au Congrès américain pour que celui-ci puisse mettre en oeuvre son "droit de regard". Au-delà du 9, le début de la mise en oeuvre d'un accord prendrait au minimum deux mois.

Les négociations butent sur les mêmes points clés depuis des mois, essentiellement la question des sanctions. Téhéran veut une levée substantielle et rapide des sanctions, notamment celles du Conseil de sécurité de l'ONU prises à partir de 2006.

Le P5+1 insiste, lui, sur un processus progressif et réversible au cas où Téhéran ne tiendrait pas ses engagements.

"Sur certaines questions, les lignes rouges de chaque partie se sont plutôt rapprochées, et sur d'autres il y a toujours des problèmes", a déclaré un officiel iranien sous couvert de l'anonymat.

"Ce sont toujours les derniers mètres d'un marathon qui sont les plus difficiles, mais les plus importants aussi", a déclaré lundi le ministre français Laurent Fabius.

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