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06/07/2015 08:43 EDT | Actualisé 06/07/2016 01:12 EDT

Morosité aux Comores pour les 40 ans de l'indépendance

Même si la foule des grands jours était au rendez-vous à Moroni, les Comores n'étaient pas à la fête lundi pour le 40ème anniversaire de leur indépendance en raison des fortes tensions sociales et politiques, a constaté l'AFP.

Ce jubilé de l'indépendance se tient dans un climat social délétère: les fonctionnaires n'ont pas été payés depuis quatre mois et le pays vit au rythme des pénuries d'eau et d'électricité. Plusieurs organisations de la société civile ont annoncé un sit-in de protestation le 13 juillet.

En raison du ramadan, bon nombre de festivités ont été annulées ces jours-ci tout comme la garden-party de l'après-midi prévue au palais présidentiel de Beït-Salam.

"C'est un peu monotone, il n'y a pas beaucoup d'ambiance. Pour une fête, il faut un peu d'animation", observait Hassane Mohamed Djalim, un notable de la capitale pourtant proche du pouvoir, interrogé par l'AFP.

Les pénuries sont tellement chroniques, selon un médecin rencontré place Badjanani qui a voulu conserver l'anonymat, qu'on a l'impression que "la population est mise en quarantaine".

Fin juin, le Fonds monétaire international (FMI) a estimé que "la situation économique avait empiré aux Comores", à l'issue d'une mission sur place.

"La crise dans le secteur électrique, les pénuries persistantes et coupures généralisées pèsent sur l'activité et les recettes fiscales", selon le Fonds qui projetait initialement 3,5% de croissance du PIB en 2015, déjà faible au regard de la poussée démographique locale.

Le pays dépend largement des fonds envoyés par la diaspora, notamment de France. Marseille, où s'exilent de nombreux migrants, est parfois surnommée la cinquième île des Comores, tandis que la pauvreté pousse tous les jours des Comoriens à tenter de gagner Mayotte, quatrième île de l'archipel mais conservée par la France à l'indépendance.

La tension est également palpable au niveau politique entre le pouvoir et l'opposition menée par l'ex-président Ahmed Abdallah Sambi.

Ce dernier, candidat à la présidentielle de 2016 avec son parti Juwa (Soleil), n'a pas assisté aux célébrations de la fête nationale pour la première fois depuis cinq ans.

Ancienne colonie française de tradition sunnite, les Comores ont connu une histoire tumultueuse, jalonnée de vingt coups d'État ou tentatives depuis 1975 et contrariée par la perte de Mayotte qui alimente une querelle de souveraineté de faible intensité avec Paris.

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