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06/07/2015 00:34 EDT | Actualisé 05/07/2016 01:12 EDT

La Bourse de Shanghai modère son rebond, en hausse de 2% à mi-séance

La Bourse de Shanghai n'évoluait plus qu'en hausse d'environ 2% lundi à la mi-journée, voyant s'essouffler son spectaculaire rebond enregistré à l'ouverture, et ce en dépit de nouvelles mesures de soutien dévoilées par les autorités pour enrayer la débâcle des marchés.

A la fermeture en fin de matinée, l'indice composite shanghaïen grimpait de 2,15%, ou 79,45 points, à 3.766,37 points, effaçant une grande partie de ses gains après s'être envolé de 7,82% dans les premiers échanges.

La Bourse de Shenzhen, pour sa part, inversait déjà la tendance, chutant de 2,59%, ou 54,43 points, à 2.044,05 points. Elle avait ouvert sur un bond de 6,55% avant de piquer rapidement du nez.

La place de Shanghai tentait de se reprendre après avoir dégringolé d'environ 30% ces trois dernières semaines, dans un climat de panique générale --ce qui a amené Pékin à dévoiler ce week-end une série de mesures pour rassurer les investisseurs.

Mais les annonces peinaient à faire effet et l'impressionnant sursaut lundi à l'ouverture n'a pas tenu, les deux Bourses chinoises s'essoufflant de concert dans des échanges d'une grande nervosité --bien que déconnectés des inquiétudes sur la Grèce et la zone euro.

Les 21 principales maisons de courtage chinoises, réunies samedi à Pékin, avaient annoncé qu'elles allaient investir l'équivalent d'au moins 19 milliards de dollars sur les Bourses, promettant de tout faire pour les stabiliser et de ne pas vendre les actions en leur possession.

De son côté, le gouvernement a indiqué dimanche que la banque centrale fournirait toutes les liquidités nécessaires aux sociétés de courtages, via une institution étatique chargé de financer les "opérations sur marges" (achats d'actions par endettement).

Enfin, le régulateur des marchés a annoncé qu'il allait réduire le rythme et le montant des introductions en Bourse à venir, assurant qu'aucune nouvelle cotation n'aurait lieu dans "un avenir proche" pour ne pas déstabiliser davantage les échanges.

Cet arsenal nourri de mesures destinées à secourir le marché et "coordonnées de concert par le gouvernement lui même, cela ne s'était jamais vu en Chine, même lors de la dernière crise financière" à partir de 2008, déclarait à l'AFP Zhang Yanbing, analyste du courtier Zheshang Securities.

Cependant, cela ne semblait pas suffire lundi à convaincre les investisseurs.

"Ces décisions sont conçues pour résoudre la situation à court terme" en arrêtant l'hémorragie, "mais ne peuvent pas résoudre les problèmes fondamentaux des Bourses et du système financier chinois", avertissaient les économistes de la banque ANZ.

"Le marché doit rester vigilant", poursuivaient-ils, évoquant le risque d'"une nouvelle dégringolade" sur fond de désengagement "désordonné" d'investisseurs endettés, ce qui restreindrait la liquidité présente sur les marchés.

De fait, le récent plongeon de la Bourse de Shanghai tout comme son sursaut étaient largement déconnectés des turbulences de la crise grecque -- à l'inverse des autres places asiatiques qui pâtissaient lundi du "non" au référendum en Grèce.

Isolées du fait de restrictions sur les mouvements de capitaux, les Bourses chinoises ont surtout payé le prix de leurs propres excès: survalorisées après une envolée de 150% en un an, dopées par l'endettement et déconnectées de l'économie réelle.

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