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06/07/2015 10:34 EDT | Actualisé 06/07/2016 01:12 EDT

Arménie : la police interpelle plusieurs dizaines de manifestants à Erevan

La police a interpellé lundi plusieurs dizaines de manifestants qui bloquaient une importante artère d'Erevan, la capitale arménienne, pour protester contre la hausse annoncée des prix de l'électricité.

Lundi matin, une cinquantaine d'entre eux s'étaient déployés sur l'avenue Bagramyan, près du palais présidentiel, quand un officier de police a intimé l'ordre à ses "chers frères et soeurs" d'évacuer la rue, selon une journaliste de l'AFP sur place.

Les forces antiémeutes sont ensuite intervenues, conduisant les manifestants interpellés vers des fourgons de police malgré leurs protestations. Une barricade a en outre été démantelée.

"La police a brièvement détenu 46 manifestants. Ils ont été libérés depuis", a déclaré à l'AFP un porte-parole du ministère de l'Intérieur.

Les manifestants ont pour leur part condamné les opérations de la police et assuré de la poursuite de leur mouvement. "Les actions de la police sont illégales. Nous n'abandonnerons pas et nos revendications restent d'actualité", a assuré à l'AFP David Sanassaryan, un manifestant.

Des milliers d'Arméniens manifestent tous les jours depuis le 19 juin dans le centre d'Erevan pour protester contre la hausse de 16% du prix de l'électricité annoncée par le gouvernement.

Sous pression, le président Serge Sarkissian avait promis le 27 juin de faire provisoirement "supporter le poids" de l'augmentation du tarif de l'électricité au gouvernement jusqu'à ce qu'un audit auprès de Réseaux d'électricité d'Arménie (ENA) détermine si la hausse est justifiée.

Malgré ces promesses, les manifestations ont continué. Bien qu'elles aient perdu en ampleur, elles rassemblent encore quelque deux à trois mille personnes chaque soir dans la capitale.

Elles avaient pris progressivement de l'ampleur jusqu'à réunir plus de 10.000 contestataires après la brève interpellation le 23 juin de 237 manifestants et la violente dispersion de centaines d'autres par la police.

Vendredi, les autorités arméniennes ont annoncé l'ouverture d'une enquête criminelle pour violences policières à la suite de cette dispersion condamnée par Washington, Bruxelles et l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

L'Arménie a décidé en 2013 de renoncer à un rapprochement économique avec l'Union européenne, préférant entrer dans l'Union économique eurasiatique menée par Moscou.

La Russie, la plus grande alliée de l'Arménie, contrôle plusieurs des principaux atouts économiques de ce pays, comme l'entreprise ENA, propriété du Russe Inter-RAO, et détenue par l'homme d'affaires Igor Setchine, considéré comme un proche de Vladimir Poutine.

L'économie de l'Arménie est fortement dépendante de celle de la Russie, à laquelle sont destinées 23% de ses exportations.

Mais la crise économique russe, causée par les sanctions occidentales et la chute du cours du pétrole, a fortement touché cette ex-république soviétique du Caucase, qui a vu chuter sa monnaie nationale, le dram, en raison de l'affaiblissement du rouble.

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