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06/07/2015 06:38 EDT | Actualisé 06/07/2016 01:12 EDT

Après le non des Grecs, Berlin ne voit pas de base pour négocier avec Athènes

Berlin a envoyé un message d'absolue fermeté en direction d'Athènes lundi, le porte-parole d'Angela Merkel estimant qu'après le non des Grecs au référendum, les conditions pour négocier une nouvelle aide pour la Grèce n'étaient pas réunies.

Le gouvernement allemand "a pris acte du +non+ clair et respecte ce résultat, le gouvernement fédéral reste prêt au dialogue (...) mais compte tenu de la décision d'hier des citoyens grecs, les conditions pour des négociations sur un nouveau programme d'aide ne sont pas réunies", a déclaré lors d'une conférence de presse régulière du gouvernement à Berlin ce porte-parole, Steffen Seibert.

Le vote de dimanche "est un rejet du principe qui a guidé les aides aux pays (européens en difficultés), le principe selon lequel la solidarité et les efforts sont indissociables", a estimé M. Seibert. Or "le gouvernement allemand reste fidèle à ce principe" qui selon lui a permis de gros progrès dans d'autres pays de la zone euro.

Berlin porte ainsi un coup sévère aux espoirs de trouver rapidement une solution dans de nouvelles négociations avec ses partenaires européens, pour renflouer la Grèce au bord de l'asphyxie financière.

L'Allemagne, où l'opinion publique est de moins en moins solidaire de la Grèce, n'est aucunement disposée à discuter d'une restructuration de la colossale dette grecque, une requête pressante d'Athènes.

Un allègement de la dette "n'est pas un sujet pour nous", a indiqué le porte-parole du ministère des Finances, Martin Jäger. "Je ne vois pas de raison de nous lancer à nouveau dans cette discussion", a-t-il ajouté.

Pour autant le gouvernement allemand assure ne pas pousser la Grèce hors de la zone euro. Mais il considère que c'est à Athènes de bouger pour rester membre du bloc monétaire. Le pays "est membre de la zone euro, il appartient à la Grèce et à son gouvernement de faire en sorte que cela demeure ainsi", a déclaré M. Seibert, ajoutant toutefois que "la porte était toujours ouverte" pour des discussions.

"Nous serons tout ouïe pour ce que le Premier ministre grec (Alexis Tsipras) amènera demain" à un sommet de la zone euro à Bruxelles, a dit M. Seibert.

Avant cette échéance, la chancelière Angela Merkel se rendra à Paris lundi dans la soirée pour rencontrer le président français François Hollande. Il s'agira "de prendre le temps d'analyser ensemble les conséquences du référendum" et "de se concerter ensemble sur les prochaines étapes", a dit M. Seibert.

Le porte-parole d'Angela Merkel n'a par ailleurs pas voulu commenter la démission surprise du ministre grec des Finances Yanis Varoufakis. "Il s'agit toujours de positions et pas de personnes", a déclaré Steffen Seibert, ajoutant qu'il croyait que cette démission n'avait pas suscité de sentiment particulier chez Angela Merkel.

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