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Assez d'ambulances chez Urgences-santé? (VIDÉO)

Radio-Canada a appris que plusieurs Montréalais et Lavallois dont l'état de santé s'est détérioré jusqu'à un point critique après un premier appel au 911 ont dû attendre plus de 30 minutes, parfois même plus d'une heure avant qu'on leur assigne une ambulance.

Un texte de Louis-Philippe Ouimet

À chaque appel au 911 pour un malade dont la vie est en danger, l'affectation d'une ambulance doit être immédiate.

Selon une compilation de 695 cartes d'appel des transports ambulanciers de la Corporation Urgences-santé (CUS) du 22 juin au 31 décembre 2014 réalisée par Radio-Canada, au moins 350 appels « urgents » (code 0 ou 1) au 911 où « la vie est en danger » ont nécessité plus de 3 minutes de délai avant qu'une équipe de paramédicaux ne soit affectée vers les lieux de l'incident.

Et il y a eu un délai d'affectation de plus de 10 minutes dans au moins 128 cas qui se sont dégradés au point où la vie du patient était en danger. Pour le président du syndicat des ambulanciers paramédicaux, Réjean Leclerc, la situation était critique pendant cette période.

« Il n'y avait pas de véhicule disponible sur le territoire montréalais et lavallois pour une population de 2,3 millions. C'est inquiétant pour nous. »

— Réjean Leclerc, président du syndicat des ambulanciers paramédicaux

Délais d'affectation

350 cas de plus de 3 minutes

128 cas de plus de 10 minutes

24 cas de plus de 30 minutes

9 cas de plus d'une heure, dont un de 5 heures 25 minutes

Source : Urgences-santé, données dévoilées dans le cadre d'un arbitrage avec les ambulanciers paramédicaux

Un réel manque de ressources?

Un appel de priorité 0 présente un « haut risque d'arrêt cardiorespiratoire » et un appel de priorité 1 un « risque immédiat de mortalité ». Chez Urgences-santé, on affirme qu'il n'y a pas eu un manque de ressources et qu'on répond adéquatement à la demande.

On explique que les cas à haut risque de mortalité s'étaient dégradés entre le premier appel et l'affection d'une ambulance.

« Ce qu'on s'est rendu compte, c'est que c'était des appels où on a dû faire une réévaluation, où les gens nous ont rappelés et la situation s'était détériorée. La priorité s'est ajustée en conséquence. »

— Vincent Brouillard, chef aux opérations au centre de communications d'Urgences-santé

Mais le syndicat des ambulanciers paramédicaux n'en démord pas : il y a un manque de ressources. « Nous, on est en campagne depuis plusieurs années auprès du public [et] du gouvernement pour mettre en lumière ce genre de problème », dit Réjean Leclerc.

Chaque minute compte

Au-delà des différences de point de vue entre les ambulanciers paramédicaux et leur employeur, pour les urgentologues, chaque minute compte lors d'un trauma.

« Il y a des interventions très précises où les délais d'intervention en préhospitalier peuvent vraiment faire la différence entre la vie et la mort, ou les séquelles que les patients peuvent avoir de sa condition médicale. »

— François de Champlain, urgentologue et chef d'équipe de traumatologie à l'Hôpital général de Montréal

Lorsqu'il y a un risque de mortalité, Urgences-santé affirme que l'affectation est immédiate. Le 7 juillet 2015, le syndicat des ambulanciers paramédicaux doit rencontrer le ministère de la Santé à ce sujet.

Quelques statistiques sur la santé des Canadiens
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